Un témoin en Guyane

Un témoin en Guyane

BRÉSIL (MS) : AGRESSIONS EN CHAÎNE ENVERS KURUSU AMBÁ

07/02/2016

 

un conflit qui pourrait s’installer dans la durée…                la police brille par son absence…

Sources :

CIMI (Conselho Indigenista Missionário Cimi)

FUNAI (Fundação Nacional do Índio)

Aty Guasu (représentants autochtones)

Fotos : CIMI (MS)

Traduction: Joël Roy

 

 

Information urgente de Aty Guasu

 

575.jpgLes tueurs de la ferme Madama ont attaqué à coups de feu les familles guarani et kaiowá du tekoha Kurusu Ambá, municipalité de Coronel Sapucaia-MS, à la frontière du Brésil et du Paraguay.

Depuis le 31 janvier 2016, les fermiers armés ont attaqué et brûlé toutes les tentes et carbets, la nourriture, les vêtements, détruit les ustensiles de cuisine. Des centaines d'enfants et de familles se retrouvent sans rien, privés de nourriture, sans abris, sans vêtements et cernés par des groupes armés. Les responsables Autochtones ont contacté les autorités fédérales, mais la police fédérale, quatre jours plus tard, ne s’est toujours pas rendue physiquement sur les lieux de l'attaque. Ce n’est que le 2 févier que quatre fonctionnaires de la Funai sont venus sur la zone d’attaque des fermiers. Sous leur regard, les tueurs des fermiers ont attaqué les Indiens, ont brûlé les tentes et ont tiré sur les familles guarani et kaiowá. Les dirigeants de Aty Guasu appellent à l’aide et demandent une aide humanitaires (alimentation et vêtements) aux sociétés nationales et internationales. Ces centaines de familles guarani et kaiowá ont un besoin urgent de nourriture et de vêtements.

 

Dans le même temps, nous, Aty Guasu, demandons à la police fédérale une enquête sérieuse, la justice et des sanctions à ceux qui paient les tueurs.

Aty Guasu lutte contre le génocide.

 

Des membres de la Funai se sont rendus le mardi 2 février au matin, dans le tekoha Kurusu Ambá, où indigènes guarani et kaiowá ont subi une agression dimanche 31 janvier. Ils confirment qu’un village entier a été brûlé par des hommes armés, et redoutent l'explosion d'un conflit grave sur place.

« Nous sommes perdus, désormais. Des maisons ont encore été brûlées. Toutes les maisons qui étaient à la ferme Bom Retiro ont été réduites en cendres », Rapporte le coordinateur régional de la Funai de Ponta Porã, Elder Ribas. Il explique que les fermiers ont pris possession partielle des terres, même si les Indiens refusent toujours de quitter le lieu. Il n’est toujours pas prévu, à ce jour, que la police vienne sur place.

« Un groupe d'Indigènes a entendu les tireurs disent qu'ils vont attendre que la Funai quitte la place pour attaquer la Ferme Barra Bonita aussi », explique L’employé de la Funai Jorge Pereira. « C'est pourquoi nous sommes restés [dans la zone de conflit], en attendant que la police fédérale ou la force nationale vienne sur zone ».

« Nous sommes arrivés et nous avons vu les maisons carbonisées, les gens courir et crier. Ils appelaient désespérément les autorités. Ils ont peur de sortir et craignent que les choses s’aggravent. Ils vont attaquer » raconte Jorge. « Les indiens nous ont montré les douilles de balles. Tout le monde peut voir les mouvements de camions, ainsi que des chevaux ».

L’attaque

Les indigènes ont été attaqués le 31 janvier, après la tentative de reprise de leurs terres sur la ferme Madama. En représailles, des hommes armés ont attaqué les trois villages qui composent Kurusu Ambá. Aux environs de 10 heures, dimanche matin, un groupe d'hommes armés non-identifiés, équipés d’au moins trois camions ont attaqué par des tirs la zone récemment reprise par les indigènes, à la ferme Madama, expulsant les kaiowá de la zone.

Peu après, le groupe de camions s'est approché du second camp de kurusu ambá, où se concentre la ferme Barra Bonita, et ont incendié tous les cabanes des Indigènes. Ceux-ci ont cherché refuge dans le troisième camp du tekoha, qui a été attaqué dans la foulée par un groupe armé équipés de pick-up.
Dans une note, le CIMI dénonce l'absence des forces de police dans la gestion du conflit. « La négligence des forces de sécurité est inacceptable. À ce moment même elles étaient sur place pour garantir la sécurité minimale des indigènes et empêcher que de nouveaux attentats se produisent ». L’organisation accuse la police de faire un « jeu de pions sur l’échiquier entre police militaire, police fédérale, département des opérations de la frontière (DDL) et force nationale ».

576.jpg« Alors que de nouveaux crimes et attentats prémédités sont sur le point de se produire, les forces de police, le ministère de la justice et le gouvernement de l'État du Mato Grosso do Sul regardent tout cela silencieusement. Ils tiennent ainsi la porte ouverte aux brutes pour de nouveaux meurtres », conclut le communiqué

Démarcation

Depuis presque une décennie, le tekoha Kurusu Ambá est en processus d'identification et de délimitation de ses terres (demarcação). Avec des délais explosés, le rapport d'identification de la zone aurait dû être publié par la funai en 2010, le second terme d'ajustement de conduite établi par le ministère public fédéral datant de 2008. Toutefois, le rapport a été remis par le groupe technique seulement en décembre 2012, et est toujours en attente d'approbation de la Funai de Brasilia.

En juin 2015, les indigènes ont essayé d'occuper la même ferme, étant violemment expulsés par les fermiers. Le solde de l'attaque a été de deux enfants disparus, les maisons incendiées et des dizaines de blessés. En 2007, année au cours de laquelle les kaiowá ont entamé la reprise de kurusu ambá, deux dirigeants ont été assassinés, parmi lesquels l'une venait déjà de cette même ferme Madama. Entre 2009 et 2015 d’autres Indiens ont été tués en luttant pour la conservation de leurs terres.

 

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07/02/2016
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