Un témoin en Guyane

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Brésil, L'IMPEACHMENT (2) : DILMA ROUSSEF DESTITUÉE !

18/042016

 

Avant-hier, je publiai ceci : cliquez ici

Sources : www.lemonde.fr/ameriques/

 www.lefigaro.fr/international/2016/

 

 

622.jpgLe parlement brésilien a voté dans une ambiance survoltée en faveur de la destitution de la présidente, qui devra être confirmée par une majorité simple du Sénat mi-mai. Le pays s'enfonce dans une crise politique sans précédent.

Dilma Rousseff est désormais sure d'être destituée mi-mai prochain par le Sénat pour 180 jours. La Chambre des députés a approuvé le processus de destitution par 367 voix pour, 137 voix contre et 7 abstentions. Elle sera donc remplacée provisoirement par le vice-président Michel Temer, le temps qu'une commission du Sénat examine les faits qui lui sont reprochés.

En tant que vice-président, l’ancien chef du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre) qui n’atteint pas 3 % dans les sondages, grimpera donc sur la première marche du pouvoir.

Une conjoncture gordienne...

Alors que 60% des parlementaires brésiliens ont eu à répondre de faits de corruption face à la justice, Dilma Rousseff n'est impliquée dans aucun scandale de corruption pour l'instant. Même le scandale Petrobras, qui touche son mentor Lula da Silva.

- Selon Transparency Intenational, 36 des 65 députés qui formaient la commission parlementaire qui a autorisé la mise au vote de la motion de destitution le 11 avril dernier ont déjà été condamnés ou sont inculpés pour des faits allant de malversations électorales au blanchiment d'argent.

- Selon le journal Folha de Sao Paulo, « rien jusqu'à présent ne prouve un enrichissement personnel de la présidente. Il est évident qu'elle a contribué à l'état de récession dans lequel est plongé le pays, qu'elle a menti pendant la campagne électorale, qu'elle est irascible. Mais tout cela ne constitue pas un crime de responsabilité et ne justifie pas une destitution… Elle n'a pas volé et c'est une bande de voleurs qui la juge ».

- Selon Paulo Peres, professeur de sciences politiques à l'université de Rio Grande do Sul, « finalement, ce dimanche, on assiste à une élection présidentielle indirecte pour décider qui, d'elle ou de Michel Temer, doit diriger le pays ».

 

Le vice président Temer et son parti sont des alliés incontournables de tous les gouvernements depuis des années. Cette fois, après des fuites plus ou moins volontaires ou calculées, Michel Temer a affiché ses ambitions de remplacer Dilma Rousseff à la tête de l'État. Le paradoxe est que, si la population brésilienne semble dans sa grande majorité désirer que Dilma Rousseff quitte la présidence, elle ne veut absolument pas qu'un vieux politicard comme Michel Temer accède aux fonctions suprêmes.

Le programme de celui-ci prévoit de revenir sur les acquis sociaux des gouvernements de Lula et Rousseff. Intitulé « Pont vers le futur » (il parle de celui sur l'Oyapok ? NdTémoin), il prévoit de remettre en cause un grand nombre d'acquis sociaux décidés pendant les présidences de Lula et de Dilma Rousseff, qui ont permis de sortir des millions de Brésiliens de la pauvreté. Même la constitution de 1988 est remise en cause avec la volonté d'en finir avec les budgets minimaux pour la santé et l'éducation.

 

Les sondages vont tous dans le même sens : c'est le retour de Lula qui est désiré, malgré les affaires de corruption liées à la compagnie nationale des pétroles Petrobras, pas l'arrivée au pouvoir de Michel Temer. La crise politique brésilienne ne fait que commencer, à quelques mois des Jeux olympiques.

 

Voir et écouter la déclaration de la présidente du Brésil :  http://bcove.me/80q975zp

  

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18/04/2016
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