Un témoin en Guyane

Un témoin en Guyane

LE LOBBYING EN GUYANE, ÇA MARCHE !

18/11/2014

Des politiques Guyanais soutiennent les orpailleurs de la Fedomg

(ceux qui veulent le beurre et l'argent du beurre)

Voir notre article du 8/11/2014

 

Source : www.lekotidien.fr/

 

 

 

243.jpgL'annonce de Ségolène Royal de créer un parc national « zones humides » pour « une protection plus ambitieuse du marais de Kaw » n'a visiblement pas plu à tout le monde. Si les opérateurs miniers vitupéraient la semaine dernière contre ce projet avorté après le Grenelle de l'Environnement et remis au goût du jour, une partie du monde politique a pris parti contre la création d'un nouveau parc national.
245.jpgTout d'abord, le parti Walwari a estimé que « le degré de prescriptions environnementales existant est à son maximum » en Guyane, avec « déjà 4 millions d'hectares (…) avec des règles contraignantes ou empêchant les activités légales ». Sans donner plus de précisions sur les activités rendues impossibles, le parti insiste sur le fait que « les populations locales sont (…) amputées de la maîtrise de la moitié du territoire ».

Ensuite, c'est Hélène Sirder, la Présidente du Parc Naturel Régional de la Guyane (qui gère la réserve naturelle des marais de Kaw), et également vice-présidente de la Région, déléguée à l'Environnement, qui a fait connaître sa désapprobation à ce projet de la ministre de l'Ecologie. « C'est un parc de trop pour une Guyane désireuse de développer un territoire qui abrite déjà les deux plus grandes réserves de France » explique-t-elle, ajoutant que les 95.000 ha de la réserve « se verraient gelés par une réglementation qui mettra (sic concordance des temps, NdTémoin) sous anesthésie l'action de développement économique régional ainsi que la promesse de créer de l'activité et de l'emploi par l'exploitation de nos ressources naturelles ». D'après la Présidente, « la réserve (…) bénéficie d’une réglementation suffisante. Lui accoler les dispositions d’un parc national ne lui garantirait pas plus de protection et serait juste une mise sous cloche de centaines de milliers d’hectares ».

244.jpgMais de quelles ressources naturelles parlent donc tous ces opposants à cet hypothétique parc ? Est-ce trop difficile de mettre un mot sur cette ressource qui serait « gâchée » par un nouvel espace protégé ? Visiblement, l'or a un potentiel formidable pour le développement de la Guyane, l'emploi (des paysans et pêcheurs de Kaw ?), et les toutes aussi hypothétiques retombées financières pour les collectivités… Mais on ne peut pas le nommer…

Pour rappel : en 2008, Nicolas Sarkozy décidait de mettre un coup d'arrêt au projet du Canadien Iamgold de mine d’or à ciel ouvert sur la montagne de Kaw (projet Cambior), au plus grand soulagement des associations environnementales qui craignaient une atteinte majeure et irréversible à la biodiversité et aux populations de la région « au regard des techniques employées dans la mine ».

 Le grain de sel du Témoin : Tout d'abord, précisons que le « projet Cambior » n' a jamais été enterré. Il a, à diverses reprises, été retoqué pour manque de garanties sur l'impact environnemental. Nous ne sommes pas à l'abri d'une nouvelle présentation d'un projet rhabillé. Il faut, en outre, rappeler que c'est à la suite d'une large mobilisation des associations environnementales et de la population qu'il a été gelé.

 Cette même population est actuellement prise en otage par des opérateurs miniers et des politiques qui lui font dire ce qui correspond à leurs désirs, à leurs affaires. Pour preuve, les Wayanas qui demandent, pour être mieux protégées de l'orpaillage, que leurs terres soient intégrées à la zone-cœur du Parc, sans succès. Lorsqu'on ne veut pas protéger une population, on affirme, la main sur la poitrine, qu'on ne souhaite pas la mettre sous cloche.

Enfin, comme il est dit dans l'article du Kotidien donné plus haut, il faudrait peut-être que l'on nous dise quelles seront ces « activités et emplois » dont nous parle Madame Sirder. Qu'en auront donc à faire les agriculteurs et pêcheurs de Kaw ?... 

 

C'est lorsque l'environnement est dévasté que « les populations locales sont (…) amputées de la maîtrise »  de leur territoire » !

 

 

 



19/11/2014
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