Un témoin en Guyane

Un témoin en Guyane

L'OR, AUSSI MENAÇANT LÉGAL QU'ILLÉGAL...

07/09/2014

Iamgold et Newmont, du Canada au Suriname,

puis en Guyane bientôt ?

Source et crédit photographique : France-Guyane

 

 

La Chambre de commerce et d'industrie a rendu un avis favorable au projet création d'une compagnie nationale des mines. Non sans réclamer des mesures concrètes visant à favoriser le développement des entreprises locales du secteur, voir plus bas.

Une délégation de la préfecture a visité la semaine dernière les sites de Rosebel et Merian, exploités au Suriname par IamGold et Newmont. L'objectif était de prendre la mesure des retombées environnementales et économiques.

 

160.jpgLes projets miniers de grande ampleur en Guyane sont en attente. En revanche, au Suriname, l'exploitation de masse sur de gigantesques sites par des multinationales spécialisées dans l'extraction de minerais est une pratique en vigueur depuis de nombreuses années. Une réalité dont le préfet de Guyane, Éric Spitz, a voulu s'imprégner la semaine dernière, à l'occasion d'une visite organisée sur deux sites. Le premier, Rosebel, est exploité depuis dix ans par la société IAM Gold. Il s'apparente à une vaste mine d'or à ciel ouvert qui comprend sept fosses, dont cinq en cours d'exploitation. Selon les données fournies par la compagnie minière, 1 500 personnes - majoritairement des Surinamais - y travaillent. Parallèlement, près de 5 000 emplois indirects auraient été créés. Pour l'État, les retombées financières ont avoisiné les 330 millions d'euros en 2013. « L'impact est très positif pour l'économie », constate le préfet qui a pu assister à une levée de près de 400 kilos d'or lors de sa visite. Sur l'aspect écologique, la présentation de photographies d'un site revégétalisé en Indonésie (Mesel) a contribué à rassurer le représentant de l'État.
Essayons de ne pas regarder seulement la surface des choses. Devons-nous croire sur parole le Préfet Éric Spitz, à qui les fonctionnaires (exemplaires en termes d'honnêteté) de Dersi Bouterse, eux-mêmes aux ordres d'Iamgold  et d'autres montrent des levées d'or à faire rêver un million de garimpeiros ? Et quant à la présentation photographique d'un site revégétalisé, Tous les photoshopers du monde savent le faire... Et pourquoi en Indonésie ? Manquerions-nous de placers à réhabiliter en Amazonie ? On nous prend pour des kouyons !
161.jpgEst-ce ça que nous voulons pour notre Guyane ?
Le deuxième site, Merian, situé à vingt-cinq minutes d'Apatou, sur la rive surinamaise, n'est pas encore exploité par la société Newmont. Celle-ci vient toutefois d'obtenir les autorisations nécessaires. « Un million de dollars par jour va être investi sur ce site, explique le préfet. À terme, 2 500 personnes vont y travailler. » Éric Spitz entend « provoquer des réunions » pour tenter d'établir un partenariat profitable à la Guyane. En attendant de voir se « débloquer » les dossiers miniers guyanais, comme celui de Colombus Gold (Columbus, vous vous souvenez ? cette société canadienne qui s'insinue en Guyane via Auplata... voir l'article du 3 septembre dernier ALERTE ! ORPAILLAGE « LÉGAL » EN GUYANE) .

Rodolphe Alexandre (président du Conseil régional de Guyane) voulait connaître la position de la Chambre de commerce et d'industrie (CCIG) sur le projet de création d'une compagnie nationale des mines de France. Lundi, Jean-Paul Le Pelletier lui a adressé une lettre dans laquelle il porte la voix des élus de la chambre consulaire qui saluent « un virage important du gouvernement dans l'appréhension de l'avenir de la filière minière en Guyane ». Toutefois, le président de la CCIG souligne l'impérative nécessité de « marquer des mesures concrètes » destinées à favoriser le développement des entreprises locales du secteur. Une requête qui porte essentiellement sur l'appui au développement des PME (petites et moyennes entreprises) et TPE (très petites entreprises) locales du secteur (Est-ce que l'on va vraiment favoriser le développement local en attribuant la terre et la forêt aux multinationales ? NdTémoin). Une préoccupation née du fait que la CCIG considère la future Compagnie des mines comme un « outil de contrôle et d'orientation qui s'adresse quasi exclusivement aux projets industriels existants ou à venir », tels que ceux portés par les sociétés IamGold, Newmont et Colombus. La Chambre et son président ne sont d'ailleurs pas les premiers à qualifier de primordiale l'aide aux entreprises guyanaises.

 

Dans un entretien daté du 21 juillet, le sénateur Jean-Etienne Antoinette insistait quant à l'importance d'une appropriation de la Compagnie par les acteurs locaux. « C'est une opportunité qu'il faut saisir et il faut que cela se fasse dans l'intérêt de la Guyane » , déclarait ainsi l'élu kouroucien, qui fixait alors la date de création de la société aux mois d'octobre ou de novembre. Des délais qui pourraient être quelque peu rallongés.

 

En fait, il semblerait que l'éviction d'Arnaud Montebourg du gouvernement allonge quelque peu la mise en œuvre du processus de validation du projet de la société minière dite « publique ». Même si, comme le précisait en juillet dernier Jean-Étienne Antoinette, « il n'est pas besoin de passer par la voie législative pour créer la société publique minière » Ben, tiens ! Monsieur Antoinette, nous savons bien que l'impact écologique, peu vous chaut... Quant à la nécessaire information indispensable au fonctionnement démocratique, balayons la voie législative, et nous verrons ce qu'il adviendra de la démocratie.

Le Témoin, toujours en Guyane

 



07/09/2014
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