Un témoin en Guyane

Un témoin en Guyane

MACRON MET LE FEU À LA GUYANE

29/10/2017

 

Le président Macron nous a tous pris de court

 

imagesKQ3FEMTQ.jpgD’abord, par son choix, que nous n’attendions pas, de se déplacer à Maripasoula, une commune longtemps oubliée dans le développement du territoire, qui reste encore enclavée. Pendant que le maire de cette commune du fleuve se dépêchait de cacher les misères de la commune, il préparait une réception sirupeuse pour réceptionner le président. Population convoquée, colliers indiens portés cinq minutes devant les caméras puis ôtés (il faisait si chaud…), bises d’enfants en costumes traditionnels (folkloriques ? Oh ! le vilain mot…), danses traditionnelles...


imagesLPRJVDTI.jpgLe Maire de Maripasoula, Monsieur Aneli, avait élaboré un discours assez éloquent sur les divers problèmes rencontrés dans sa commune comme : « l’orpaillage, les immigrants, l’éducation et les problèmes sanitaires ». Nous ne sommes pas vraiment étonnés du choix du maire, mais c’est plutôt la réponse paternaliste du président avec un ton assez infantilisant qui a révolté la population guyanaise. Il s’est permis de déclarer « Je ne suis pas le Père Noël », ce qui, on en conviendra, montre un mépris total de la population et une attitude infantilisante digne des meilleures années de la colonisation. Attendions-nous qu’il nous donne des cadeaux ? Nous souhaitions juste des réponses formelles sur ce qu’il nous revient de droit : le respect de la signature de l’accord de Guyane et du plan d’urgence. À l’écoute du discours transmis en direct, nous étions tous sur le choc.

imagesX7QE1FPM.jpgÀ Cayenne, le Collectif tentait tant bien que mal de s’organiser pour la venue du président. Il sera aisé de comprendre la colère de la population au vu de la façon dont se sont déroulés les événements par la suite… Malgré le souhait du collectif (signataire des accords de Guyane, il faut le rappeler) de discuter avec le président, celui-ci s’y est catégoriquement refusé, laissant les militants dans un désarroi total. Que dire d’un tel comportement ? il a été méprisable, dans le sens où il ignorait complètement le mouvement social de mars-avril dernier, niant par là le principe même de la continuité démocratique républicaine. Les tensions dans le centre-ville de Cayenne n’ont fait que traduire parfaitement le désespoir et l’écœurement des militants devant un tel refus de dialogue. Le ressenti dominant était le dédain qu’il nous portait, comme envers des incapables ou méconnaisseurs des règles démocratiques de la République. Vous avez dit « colonie » ?

Le comble a été de voir notre cher Père Noël se moquer ouvertement dans la conférence des présidents de régions ultrapériphériques de l’UE, le président se mordait le doigt au moment de l’allocution du président de la commission européenne Jean-Claude Juncker. Pas besoin d’être bien malin pour comprendre que la situation l’amusait beaucoup.

Après cette scène, nous allons être confrontés à un enchaînement d’événements qui ne peuvent que nous laisser perplexes.

images5QL1SO9K.jpgLe président évite à tout prix le centre-ville de Cayenne. La rue commence à gronder… Il va alors se rendre dans des quartiers défavorisés tels que Cogneau ou La Crique. Il se laisse prendre en photo avec les jeunes pour essayer de bien montrer que pendant qu’au centre-ville un groupe selon lui nébuleux, selon nous trop gênant continue de manifester. Il est bien reçu, naturellement, dans les quartiers populaires, allant jusqu’à plaisanter en direction de jeunes : « il y en a parmi vous qui ne fument pas que des cigarettes » (Bien sûr, je n’irai pas jusqu’à demander par quel hasard il reconnaît l’odeur du kali, la marijuana, NdTémoin).

Cela lui permet ainsi d’affirmer que le collectif n’a aucune légitimité pour transmettre la voix du peuple guyanais. Il pense, par cette manœuvre, pouvoir étouffer le collectif et montrer que ses militants sont en décalage avec la réalité du terrain. En outre, en mettant en scène ces balades au centre-ville à pied (rassurez-vous, il n’y va pas tout seul), il cherche à signifier qu’il n’a pas peur de se rendre dans des quartiers chauds comme la Crique. Erreur ! Il ne fait que stigmatiser ces quartiers en montrant sa condescendance avec les minorités.

11449209.jpgEn conclusion, il aura provisoirement réussi à étouffer le collectif. Les militants ont vu leur travail partir en fumée, puisque l’accord ne sera pas signé. De plus, il a donné toutes les cartes blanches à Rodolphe Alexandre, son caniche favori, président de la Collectivité territoriale de Guyane.

 

Les réseaux sociaux n’ont pas tardé à relayer cette suite de maladresses (mais sont-ce vraiment des maladresses ?) de Monsieur Macron. Il suffit de lire certains commentaires : « coups de cœur et coups de gueule dans le 973 ». Il laisse derrière lui une grande incompréhension et une insatisfaction palpable.

 

Vaneza Ferreira, pour le Témoin en Guyane

 

 

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29/10/2017
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