Un témoin en Guyane

Un témoin en Guyane

LA PRESSE GUYANAISE ÉVOQUE PIKIN SIRI

17/02/2015

Ou comment passer à côté de l'essentiel.

Oui, mais... heureusement, l'essentiel est invisible aux yeux (SaintEx)

 

 

337.jpgLe centre de formation Mamabobi vient de produire un album de jeunesse, bilingue français-mawinatongo. Il est destiné, ici en Guyane, principalement aux enfants en voie de lecturisation, peu ou non francophones, mais également aux parents qui voudraient accompagner leurs enfants dans leur apprentissage scolaire du français, aux animateurs chargés des activités périscolaires, voire même aux enseignants volontaires, qui sont libres de leur choix d'outils et de démarches pédagogiques.

Hors de la Guyane il pourra être utilisé par tous ceux qui veulent ouvrir l'esprit de leurs enfants ou de leurs élèves à la connaissance des peuples du monde, surtout si ceux-ci vivent et habitent sur le territoire français.

 Avant de lire plus avant les raisins de ma colère (car je suis un peu en colère... « Ah, booon... » diront les ironiques), je vous engage à consulter l'article qui attire mon ire : Cliquez ici

Tout d'abord, contrairement à ce que pourrait laisser croire l'introduction de l'article, le mawinatongo n'est pas du bushinenge tongo, qui d'ailleurs doit s'écrire businengetongo.

Le mawinatongo est la langue du fleuve, véhiculaire et consensuelle, à l'écriture revisitée. Et c'est bien là que se trouve le problème. L'auteure de cet article, elle-même businenge saint-laurentaise, a systématiquement repris l'écriture du créole surinamais, comme s'il s'agissait de sranantongo (trad. : langue du Suriname). C'est ainsi que nous trouvons « deng piking moni » à la place de pikinmoni, « na ini a kampu » alors que la forme correcte serait na kanpu ou ini a kanpu. En outre la règle qui impose de remplacer n par m devant m, b ou p n'existe pas en mawinatongo. C'est jusqu'au nom (au surnom) de la petite fille qui est « surinamisé » : Piking Siri !

La journaliste, auteure de cet article, a passé deux heures avec nous. Je ne lui ferai pas le mauvais procès d'écrire qu'elle n'a pas compris les objectifs que nous nous sommes fixés et que nous avons tenté de lui expliquer. Á savoir :

 

-  Nous travaillons sur de l'interculturel. Cela nous interdit de privilégier une langue par rapport à une autre, sous peine de basculer dans un tribalisme socio-culturel et linguistique qui n'en resterait pas moins du tribalisme.

 

-  un autre de nos objectifs principaux est d'aider les enfants de nos écoles à entrer dans les apprentissages en s'appropriant la langue française, comme elle l'a bien dit, en les faisant cohabiter, s'étayer l'une l'autre. Une langue est à la fois creuset et vectrice de culture. C'est ce genre d'outils que nous tentons de mettre à la disposition de nos enfants et de leurs parents. Nous ne sommes donc pas là pour leur apprendre la langue parlée au Suriname voisin ! Le mawinatongo est une langue consensuelle, transfrontalière et véhiculaire car parlée par le plus grand nombre.

 

En résumé, là se trouve notre combat, dans les deux points exposés supra.

 Pour plus d'informations sur « l'aventure » Pikin Siri, vous pouvez vous référer à l'article suivant : Pikin Siri, petite fille du fleuve Donnez-vous simplement la peine de cliquer.
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Consultez ici  les livres dont le Témoin en Guyane est l'auteur !

 

 



18/02/2015
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