Un témoin en Guyane

Un témoin en Guyane

REPARLONS DE DÉFORESTATION...

26/09/2015

Le recul du couvert forestier mondial se poursuit à un rythme dramatique

Source : Antoine de Ravignan

 

518.jpgLe bilan de la déforestation et de la reforestation s’établit, à l’échelle du globe, à une perte de 3,3 millions d’hectares par an en moyenne entre 2010 et 2015, l’équivalent d’une Belgique chaque année.Au-delà de ce constat, le nouveau bilan présenté par l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) à l’occasion du 14e congrès forestier mondial organisé le mois dernier à Durban, en Afrique du Sud, permet d’apprécier l’évolution de ce phénomène sur un quart de siècle. Dans les années 1990, ce sont 7,3 millions d’hectares de couvert forestier qui disparaissaient chaque année ; la FAO se félicite donc que le taux de déforestation net (la déforestation moins les replantations) ait été divisé par deux en vingt-cinq ans. Cette présentation est toutefois flatteuse. Le précédent bilan, réalisé en 2010, avait en effet déjà fait le même constat. En d’autres termes, le rythme de la déforestation nette globale ne ralentit plus depuis une décennie.

 

Si l’urbanisation est en cause, la principale raison du déboisement reste l’agriculture, sur fond de croissance démographique et d’extension des surfaces dédiées à l’alimentation du bétail ou aux cultures industrielles. Le recul de la forêt concerne toujours principalement le Brésil (une perte de 984 millions d’hectares par an depuis 2010), même si ce pays a fait des progrès remarquables (durant les années 2000, le recul était de 2 282 millions d’ha/an en moyenne). Viennent ensuite l’Indonésie, où le rythme de 684 millions d’hectares annuels s’est accéléré par rapport à la décennie précédente, puis le Myanmar (546), le Nigeria (410), la Tanzanie, la RDC…     

      

Un enjeu climatique

Dans de nombreux pays, au contraire, la forêt naturelle et cultivée s’étend : + 1 542 millions d’ha/an en Chine, + 308 en Australie, + 301 au Chili… Certes, ce n’est pas ça qui va sauver la forêt tropicale et la biodiversité, mais au moins cela limite-t-il l’érosion du couvert forestier à l’échelle mondiale (la différence entre 7,6 millions d’hectares de pertes annuelles et 4,3 millions d’hectares de gains).

Préserver les forêts existantes et reboiser est un enjeu en termes d’environnement local, mais aussi global. Selon le Giec, la déforestation et le changement d’usage des sols sont responsables de près de 10 % des émissions de carbone de la planète, ce qui n’est pas négligeable (le reste étant dû aux usages de l’énergie). Une politique ambitieuse de préservation des forêts et de reboisement permettrait de neutraliser ces émissions, mais cela impliquerait de revoir sérieusement les systèmes agricoles et alimentaires qui, pour l’essentiel, en sont à l’origine. Moins de cultures industrielles ou pour l’élevage et une alimentation moins carnée permettraient de consacrer plus de terres aux cultures vivrières sans avoir besoin de défricher à tout va.

 

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26/09/2015
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