Un témoin en Guyane

Un témoin en Guyane

SALVADOR : DES FEMMES CONDAMNÉES À 40 ANNÉES DE PRISON POUR AVOIR AVORTÉ !

03/04/2015

Avortement spontané, grossesse suite à un viol, danger pour la vie de la mère...

 Où l'on se rend compte qu'il n'y a pas que les islamistes intégristes

qui méprisent et détestent leurs femmes !

source : http://www.pragmatismopolitico.com.br/

 

 

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Le Salvador : un pays qui punit la femme même pour l'avortement suite à une situation de viol. Les peines pouvant survenir peuvent aller jusqu’à 40 ans de prison, pour des mères accusées même si elles n’ont pas avorté mais qu’elles ont donné naissance à un nourrisson mort ou non viable.

Dans une prison surpeuplée au Salvador, Maria Teresa Rivera rappelle avec tristesse qu’elle a travaillé dans les bains d'une usine textile pour faire vivre son fils et sa belle-mère. Des heures innombrables exposée à la chaleur du tableau thermique lui ont provoqué une infection dans les reins qui ne s’est déclarée que plus tard, lorsqu’elle a perdu le deuxième fils qu’elle attendait. Pour cela elle fut arrêtée et accusée d'avoir provoqué l'avortement.

  Bien que son dossier soit entaché d'irrégularités et que le fait reproché n’ait pas été prouvé par les enquêtes, Maria a été condamnée à 40 ans de prison, la plus forte peine prononcée contre une femme pour avoir provoqué un avortement spontané que le juge a caractérisé d’ « homicide qualifié ».

En raison de l'infection dans ses reins, Maria Teresa a dû subir un traitement médical, sans savoir qu'était enceinte de trois mois. Son état de santé s’est dégradé en raison de complications, jusqu'à cet après-midi du 24 novembre 2001, 0ù Maria Teresa a eu un avortement spontané dans sa salle de bains, chez elle

Des heures plus tard, des policiers sont arrivés chez elle pour la conduire à l'hôpital. Les docteurs ont déclaré, sans beaucoup de détails, que Maria Teresa avait provoqué son avortement et, pour cela, ils l’ont menottée au lit de l'hôpital !

Maria a dit qu'elle connaissait mal les lois, mais cependant qu'elle avait vu dans les films que quand la police arrête une personne, elle a le droit d'être dans le silence et demander la présence d'un avocat.

« Les policiers m’ont répondu avec dédain que je n'aurais pas droit à un défenseur public par avoir tué mon fils ».

Maria Teresa a été accusée par les docteurs qui l’ont soignée après son avortement spontané.

 

On considère habituellement que 57 % des 129 accusations d'avortements

dénoncés à la police civile du Salvador depuis l'année 2000

l'ont été  par les professionnels de santé.

 

À 32 ans, Maria passe ses journées à broder et à se défendre des provocations de ses codétenues, tandis qu'elle pense à son fils David, neuf ans, qu'elle ne peut voir les jours de visites autorisées car sa belle-mère n'a pas l'argent pour payer le voyage. « Il comprend déjà que je suis emprisonnée et pose la question de savoir quand je rentrerai à la maison. Je voudrais juste que l'on me donne une occasion d'être avec mon fils, il a besoin de moi », dit-elle.

Après trois ans de prison, Maria Teresa a toujours l'espoir de voir son procès révisé par la justice.

Quelle est cette justice ?

Dans des conditions semblables on recense 14 autres femmes, qui ont été traitées et arrêtées par le crime de « supposition d'avoir pratiqué un avortement ». En janvier dernier, deux d'entre elles ont été remises en liberté après la révision de leurs procès. La Cour Suprême de la Justice a reconnu des erreurs juridiques et le Congrès leur a accordé le pardon (sic). Le Salvador, le Honduras, le Nicaragua et la République dominicaine sont les pays en Amérique latine qui entretiennent une ligne dure, en criminalisant des femmes qui subissent n'importe quel type d'avortement, même spontané, ou tout simplement soupçonnées de l'avoir tenté..

Depuis 1998, le Salvador maintient l'interdiction totale de tout avortement, y compris dans des cas où la vie de la femme est menacée, où des femmes ou des filles ont subi des violences sexuelles. La peine maximale pour ce crime est de 40 ans de prison.

L'Avocat Dennis Muñoz, du Grupo Cidad ão Descriminalização de l'avortement sous ses différentes formes, soutient que les salariés du système de santé publique se sont métamorphosés en délateurs principaux contre les femmes qu'ils ont prises en charge dans des cas d'urgence. Le pire étant que la majorité des femmes n'était pas capable de se défendre et que le système juridique les a niées en leur refusant le droit à l'aide d'un avocat. 

D'après un rapport d'Amnesty International (Al-brode de là muerte, au seuil de la mort, 2014) corroboré par d'autres ONG œuvrant dans le cadre des droits de la personne humaine, le Salvador est l'un des derniers pays dont la législation tend à limiter le droit de la femme à disposer de son corps. En outre, il allègue que les preuves qui incriminent des femmes pour avoir pratiqué l'avortement sont « déficientes » et peu conclusives.

Il faut dire que,  dans un pays où plus de 70 % de la population se dit Chrétienne, on voit l'éducation sexuelle comme un tabou.

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 Il n'y a pas que les islamistes intégristes qui méprisent et détestent leurs femmes !

 

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03/04/2015
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