Un témoin en Guyane

Un témoin en Guyane

SODAS ET YAOURTS PLUS SUCRÉS EN OUTREMER QUE DANS L'HEXAGONE

29/03/2013
 
Un constat qui peut paraître étonnant
 Source : Libération
 
 
Outre-mer, une partie des yaourts ont des dates de péremption deux fois plus longues qu'en métropole, comme ça, sans véritable justification.

boissons locales

 

 

 

 

 

Autre anomalie : certains aliments, pourtant vendus sous la même étiquette, contiennent beaucoup plus de sucres ajoutés selon que vous l'achèterez à Cayenne, Pointe-à-Pitre ou à Toulouse.

 

Une proposition de loi, au menu des députés ce mercredi, vise à remettre enfin de l'ordre. Une première mouture du texte avait été défendue en octobre 2011 par l'actuel ministre de l'outre-mer, Victorin Lurel, alors député de Guadeloupe. Elle avait été repoussée de justesse à l'Assemblée par 199 voix contre 190 sur fond de bisbilles politiciennes.
Ce nouveau texte devrait, lui, être adopté sans trop de difficulté, assure la députée PS de Guadeloupe Hélène Vainqueur-Christophe, rapporteure du texte. « Cela devrait faire consensus, indique-t-elle dans un entretien à l'AFP. « C'est un vrai souci d'inégalité entre consommateurs et un vrai problème de santé publique avec l'obésité et toutes les pathologies associées ». Dans les régions d'outre-mer plus d'un adulte sur deux est touché par des problèmes de surcharge pondérale. Quelque 25 % des enfants et adolescents sont aussi concernés.
 

Même le yaourt nature est sucré

C'est un médecin, André Atallah, exerçant en Guadeloupe, qui a mis en lumière les importantes différences de teneurs en sucre de certains produits de consommation courante, comme les yaourts, les sodas ou les friandises. «Il s'en est rendu compte au goût, raconte-t-on dans l'entourage de la députée Hélène Vainqueur-Christophe. Du coup, il a fait ses propres analyses sur quelques produits ». Le résultat est édifiant.
Pour certains produits, l'écart est énorme. Ainsi, le Fanta orange distribué aux Antilles contient 42 % de plus de sucre que le même soda en métropole. Autre exemple : un yaourt aromatisé à la vanille est à 22% plus sucré en Martinique que dans l'Hexagone... Même le basique yaourt « nature » est sucré dans les îles... Comment expliquer de telles différences ? « Aucune justification objective n'est donnée par les industriels », écrit la députée socialiste dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi. « Le fameux goût sucré des ultramarins, c'est un argument des professionnels, dénonce-t-elle. On nous a très certainement conditionnés à aimer sucré, et dès le plus jeune âge ».
Pour la Fédération des entreprises d'outre-mer (Fedom) qui représente l'ensemble des entrepreneurs ultra-marins, il y a quand même un bout d'explication recevable, pour les laitages du moins. « Il n'y a pas de production de lait dans les départements d'outre-mer, donc les fabricants locaux de laitage importent du lait en poudre naturellement plus riche en lactose et donc en sucre », explique Samia Badat-Karam, de la Fedom. Pour les sodas, l'une des explications tient à la recette délivrée par la maison mère, les formules de fabrication variant selon les zones géographiques. Ainsi une canette de Coca Cola commercialisée aux Etats-Unis n'a pas tout à fait le même goût qu'un Coca européen. Ni qu'un Coca antillais...
 

Des dates de péremption à rallonge !

Cette fois, ce sont des producteurs locaux qui se sont rendu compte de l'entourloupe. Des yaourts importés par bateau outre-mer, arrivent à destination avec des dates de péremption très éloignées. « Certains industriels utilisent une faille juridique. Le code de la consommation laisse libre le fabricant de fixer lui-même la date limite de consommation (DLC). L'usage veut que pour un yaourt la DLC soit fixée 30 jours après sa fabrication. Or, on s'est rendu compte que les mêmes yaourts importés avaient, pour certains, une DLC de 60 jours », dénonce la Fedom.
Pour les fabricants locaux qui respectent les règles, de telles pratiques sont « déloyales ». Alertés depuis plusieurs mois, les représentants de la Fedom ont eu énormément de difficultés à faire bouger les choses, comme le raconte Samia Badat-Karam. « On a toqué à toutes les portes, personne ne voulait nous écouter. C'est tellement énorme que l'on ne nous croyait pas ». La députée Hélène Vainqueur-Christophe a entendu la revendication. Un article a été ajouté à la proposition de loi « sucre », pour une « homogénéisation des dates limites de consommation pour les mêmes denrées alimentaires distribuées en outre-mer et en France hexagonale ».
 
Consultez dans son intégralité l'enquête coproduite par les Régions Martinique et Guadeloupe.
 
Mais il n'y a pas que l'obésité comme conséquence de cette pratique addictogène des groupes alimentaires : Je vous renvoie à l'article que j'ai publié sur ce blog le 4 juin dernier et que vous retrouverez dans la liste des Dossiers sous le titre quelle politique de santé pour la Guyane ? et qui évoque, entre autres, la prévalence du diabète en Guyane, effrayante.
 
Et puis, je me fais une réflexion, malpensant que je suis... C'est drôle mais je n'ai pas rencontré de businenge obèse, à part quelques femmes abimées par des grossesses à répétition.
CarambarD'enfants businenge obèses, point. Mais des enfants métro, des enfants créoles ou de petits amérindiens vivant à la périphérie des grandes villes, oui, il y en a, et de plus en plus.
En fait, ce sont ceux qui ont adopté le mode d'alimentation « à l'européenne », CQFD. Avec la circonstance aggravante que, loin du regard, loin du contrôle, les groupes producteurs jouent sur les qualités addictogènes du sucre pour « surglucider » leurs produits afin d'y « accrocher » les populations dès le plus jeune âge.
 
Mais ça... A mo ka di.
 


22/12/2015
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