Un témoin en Guyane

Un témoin en Guyane

SOMMET DE LIMA SUR LE CLIMAT : UN ACCORD A MINIMA...

15/12/2014

Et encore, après prolongations...

Sources : AFP, www.liberation.fr/

 

 

291.jpgL’accord conclu à Lima, lors de la 20e conférence de l’ONU sur le climat, était censé poser les bases du futur pacte multilatéral qui doit être conclu fin 2015 à Paris pour limiter le réchauffement climatique.

Hélas, force est de constater qu'il ne s'est agi que d'une bulle de cheving gum.  Il suffit de remarquer que le texte, discuté ces derniers mois lors de réunions intermédiaires en juin et en octobre et de nouveau travaillé à Lima, n’avait pas le statut de document de travail reconnu par toutes les parties...

  Voici les principaux points de la souris dont a accouché la Conférence :

Les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre

- devront être soumis d’ici mars 2015 par « les parties prêtes à le faire » et bien avant la conférence de Paris pour les autres ;

- seront déterminés par les pays eux-mêmes ;

- doivent aller au delà des actions déjà entreprises ;

- peuvent comprendre des informations sur l’année de référence, la période d’engagement, un calendrier de mise en œuvre, la méthodologie de calcul retenue, un plan d’action sectoriel ;

- seront publiés sur le site internet du secrétariat de la Convention de l’ONU sur le changement climatique ; pas de processus d’évaluation prévu ;

- seront agrégés par le secrétariat, qui préparera une synthèse pour le 1er novembre 2015, afin de comparer l’effort global prévu rapport à l’objectif de limiter le réchauffement à 2°c.

Le texte de travail pour les négociations en vue d’un accord à Paris, le voici :

- Un texte, discuté ces derniers mois lors de réunions intermédiaires en juin et en octobre, a été de nouveau travaillé à Lima, mais n’avait pas le statut de document de travail reconnu par toutes les parties ;

- Il a été adossé en annexe à l’accord sur le format des engagements des réductions de gaz à effet de serre et devient ainsi un document officiel pour poursuivre les négociations lors des futures sessions intermédiaires de 2015 ;

Déjà deux points pour parler du trombone qui va attacher les deux  papiers... NdTémoin

- Le document comprend de multiples options sur les principaux éléments du futur texte : réduction des émissions, adaptation, mécanisme de « pertes et dommages », financements, transfert de technologies, soutien au renforcement de l’expertise, transparence, révision des objectifs.

 

Les principes

- «Responsabilité commune mais différenciée»: l’accord affirme l’objectif de parvenir à un accord ambitieux en 2015  reflétant le principe de responsabilité commune mais différenciée de l’ensemble des parties dans le réchauffement, un principe inscrit dans la Convention de l’Onu.

- Limiter la hausse de la température entre 1,5°C et 2°C : les parties se disent très préoccupées par le fossé important entre les engagements actuels de réduction des émissions 292.jpgde gaz à effet de serre et les trajectoires cohérentes avec la fourchette 1,5°-2°C, au-delà de laquelle les scientifiques estiment que de nombreuses populations seront en danger.

- Financements : les pays développés sont « appelés avec insistance » à fournir un soutien financier renforcé aux pays en voie de développement, en particulier les plus vulnérables, pour leurs actions de réduction des émissions et d’adaptation au changement climatique.

 Des participants souvent très impliqués...

 

Encore un (tout petit) grain de sel : c'est à pleurer... Tout ça pour ça ! Combien de centaines (de milliers ?) de participants, combien de millions dépensés pour un objectif non décliné, juste énoncé, qui ne sera pas atteint, de toute façon. Lire le témoignage ci-dessous...

Dans le genre « Sommet », la réunion organisée par l’UE intitulée Comment financer un accord climat ? résume bien la tendance : un technocrate, un banquier, un financier d’un fonds suédois, un vice-président d’une firme (Alstom), discourent ainsi de l’importance des mécanismes de marché, d’investissement dans l’énergie décarbonnée, pour la mitigation, autrement dit l’atténuation des émissions de GES.

Lasse, Winnie Byanyima, directrice exécutive d’Oxfam (ONG de lutte contre la pauvreté), prend la parole : « Ce que demandent les populations les plus pauvres, ce sont surtout des financements pour l’adaptation aux changements climatiques ! » Or, 7% des fonds vont vers ces projets, peu solvables, quand « 93% vont vers la mitigation, parce qu’ils irriguent le secteur privé, la technologie, les banques ». Le débat mitigation/adaptation divise plus que jamais. On retrouve la nouvelle égérie d’Oxfam après coup. « Le drame, c’est que les politiques ne pensent qu’élections : la démocratie est confisquée par une élite coupée de la réalité, une élite qui pense plus à satisfaire les actionnaires de l’industrie fossile ou de l’agrobusiness ».

 

Pour vous faire du mal, cliquez ici pour prendre connaissance du document officiel de l'accord de Lima.

  

 

 

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15/12/2014
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