Un témoin en Guyane

Un témoin en Guyane

SURINAME : DÉBUT DU SECOND MANDAT DE DESI BOUTERSE

28/07/2015

Il a finalement réussi à obtenir les 7 voix qui lui manquaient

pour être désigné président

Sources : France- Guyane

Frans in Suriname

 

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Le 14 juillet dernier, le Parlement surinamais a reconduit officiellement Desi Delano Bouterse à la présidence du pays. Après avoir remporté en mai les élections générales avec sa coalition (menée par son Parti National Démocratique), l'ancien dictateur a réussi à obtenir les 7 voix qui lui manquaient pour être désigné président (il lui fallait 2/3 des 51 sièges du Parlement).

Un début de second mandat salué par Xi Jinping, le président Chinois, qui a rencontré M Bouterse trois fois au cours des deux dernières années » pour renforcer la coopération sino-surinamienne… Une coopération qui n'est pas vue d'un si bon œil par tous les Surinamais. En effet, la Chine représente par exemple 71% des exportations de bois du Suriname... Et nombreuses sont les voix qui accusent le gouvernement en place de céder de plus en plus de pouvoir aux investisseurs chinois.

 De manière non exhaustive, rappelons le parcours de cet homme, l'un des dirigeants politiques les plus controversés de l'histoire de ces trente dernières années.

- au lendemain de l'indépendance du Suriname (1975) il est colonel dans l'armée régulière ;

- il mène un coup d'état le 25 février 1980 qui lui fournit le contrôle du pays ;

- la répression contre les opposants à son régime est féroce (massacres de Fort Zelandia en 1982, massacre de civils au village de Moywana en 1986) ;

- de 1986 à 1992, guerre civile entre deux factions : Desi Bouterse, alors au pouvoir, et Ronnie Brunswijk qui mène la rébellion businenge ;

- échec à l'élection présidentielle de 1996 contre Jules Wijdenbosch. Le slogan de son parti, le NDP (Nationale Democratische Partij) était : Leti a faya, en français allumez la lumière, mais aussi allumez l'incendie ou encore mettez le feu...

 

D'autres faits, de droit commun cette fois, viennent également troubler l'image de « Bouta » :

- Profitant de son immunité diplomatique, il aurait, dans les années 1988-90, participé à un hold-up au Brésil, avant d'être ramené dans son pays ;

- il a été accusé d'avoir longtemps profité de son statut et de son immunité pour diriger un trafic de drogue entre l'Amérique du Sud et l'Europe, et en juillet 1999 il a été condamné par contumace pour trafic de cocaïne par un tribunal des Pays-Bas. Depuis, un mandat d'arrêt international l'empêche de quitter le territoire du Suriname. Son fils serait actuellement incarcéré aux États-Unis sous les mêmes chefs d'inculpation.

Au Suriname, Desi Bouterse reste libre et puissant. La preuve ? Sa réélection !       

Pourquoi le président chinois apprécie Bouterse

481.jpgLa fondation surinamaise de la gestion et de la surveillance des forêts (SBB) vient d'éditer son rapport annuel sur les statistiques du secteur forestier au Suriname. Le pays vient de battre un record avec une production de 492 000 m3, dont la moitié, 246 000 m3 plus exactement, est destinée à l'export ; 1% vers la région des Caraïbes, 5% vers l'Europe et 94% vers l'Asie (!). La Chine à elle seule reçoit 71% de l'export total du Suriname.

Les secteurs bénéficiant de ce bois au Suriname sont principalement celui du BTP et le secteur de l'agriculture. Selon les statistiques, les bois les plus utilisés (dans la construction une fois encore) restent l'angélique avec 117 318 m3 et le mandio ou quaruba avec 73 738 m3. Depuis 2008, le Suriname connaît une production en hausse. Elle a augmenté de 200 000 m3 à presque 500 000 m3 l'année dernière.

Une inquiétude pour les organisations de protection de l'environnement, qui critiquent notamment la demande croissante des pays asiatiques. L'export aurait flambé depuis ces cinq dernières années, passant de 50 000 m3 en 2010 à 250 000 m3 en 2014, soit cinq fois plus.

Malgré les chiffres et les cris d'alarme des organisations de protection de l'environnement, le Suriname resterait actuellement l'un des pays les plus verts au monde (mais pour combien de temps ? NdTémoin). C'est ce qui a été affirmé le 22 mai dernier, lors de la Journée internationale de la biodiversité. Pour l'instant, le plus grand souci serait l'orpaillage illégal qui ne tient pas compte de son impact sur la nature ni de la réhabilitation du lieu d'extraction d'or (nombre d'orpailleurs illégaux viennent extraire en Guyane, ce qui n'impacte que modérément la forêt surinamaise. À ce jour, la France n'a toujours pas le moindre accord de coopération anti-orpaillage avec son voisin le Suriname NdTémoin).

 

Consultez ici  les livres dont le Témoin en Guyane est l'auteur !


28/07/2015
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