Un témoin en Guyane

Un témoin en Guyane

Suriname : LA SANTÉ EN DÉROUTE

08/08/2016

 

Un nouvel exode vers la Guyane ?

 

679.jpgLe secteur de la santé au Suriname est dans une crise sans précédent. Les assurances, les hôpitaux et les pharmacies sont à bout de force, à tel point que des opérations vitales ne peuvent plus être effectuées. Seule solution, la Guyane ou le marché noir du Guyana. La mauvaise situation financière des compagnies d'assurance a eu sans surprise un effet négatif sur les pharmacies. Mais cette situation est devenue d'autant plus critique que certains médicaments ne sont tout simplement plus disponibles. Dans le cas de médicaments indispensables, les pharmacies ont installé un système de rationnement afin de donner une chance équitable à tous. Mais dans de nombreux cas, il n'y a tout simplement pas de médicaments.

Autre secteur difficile, les hôpitaux. L'absence d'outils de première nécessité a pour première conséquence l'incapacité de pouvoir assurer les opérations. Ils n'ont aujourd'hui plus que deux semaines pour pouvoir en assurer. Toutes les opérations non vitales sont donc reportées et seules les opérations dont dépendent directement la survie du patient sont effectuées. Mais les établissements hospitaliers sont à bout de souffle et subissent d'importants retards de salaires depuis plusieurs mois, touchant les infirmiers comme les médecins. Le marché noir des médicaments venant du Guyana est en nette augmentation mais pour les opérations chirurgicales et les médicaments de qualité, c'est la Guyane qui reste l'option de préférence, même si cela signifie débourser plus. De plus en plus de Surinamais qui ont de la famille en Guyane, notamment à Cayenne, passent par eux pour se procurer des médicaments dont les prescriptions ne sont pas nécessaires. Et certains réfléchissent sérieusement à se faire opérer sur le territoire français même si cela signifie ne pas pouvoir utiliser leur assurance et payer en liquide.

 La crise du secteur de la santé a provoqué une lourde critique de l'opposition envers le gouvernement. Le vice-président, Ashwin Adhin, reconnaît la crise et avait promis des mesures immédiates, sans avoir, pour le moment, précisé lesquelles.

L'hôpital de Saint-Laurent du Maroni continuera donc d'être engorgé, mais nous ne pouvons pas laisser de pauvres gens mourir derrière une frontière improbable...

 

 

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08/08/2016
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