Un témoin en Guyane

Un témoin en Guyane

TERRITOIRE CONTESTÉ ENTRE GUYANE ET SURINAME

21/11/2014

depuis 1915...

Sources : Questions écrites à l'Assemblée nationale

France-Guyane

 

 

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Depuis 1915, la France et la Hollande étaient en désaccord sur la frontière, au sud d'Antecume Pata. En 1975, le jeune Suriname devenu indépendant reprend le contesté à son compte. Après l'abandon sans décision des négociations en 1991, des rebondissements récents, comme une opération de la gendarmerie française en mai 2007 contre des orpailleurs surinamiens présents dans la zone contestée : leur matériel a été détruit et ils ont été poursuivis, semble-t-il, au-delà de la frontière surinamienne. Depuis lors, le Suriname demande la reprise des négociations.

   En hachuré rouge, la zone contestée

 Deux secteurs posent problème : la frontière maritime au nord d'une part, d'autre part la frontière terrestre au sud d'Antecume Pata. Pour la France, la frontière est marquée par la Litani (la plus à l'ouest). Pour le Suriname, il s'agit de la Mawini, plus à l'est). Cela représente 3 000 km2.

À la suite de cette opération gendarmesque, l'ambassadeur de France en poste à Paramaribo avait été convoqué pour répondre à une demande d'explications du président surinamais. On l'oublie parfois, mais depuis 1915, la France et La Hollande, puis le Suriname sont en désaccord sur leurs frontières.

 
Pas de réaction, du moins officielle, du gouvernement
Le gouvernement surinamais a prévu de réétudier le sujet lors des négociations sur le budget de l'État 2015. C'est ce qu'a fait savoir le ministre surinamien des Affaires étrangères, Winston Lackin, lors de discussions préliminaires avec la commission parlementaire. Il semble que le ministre souhaite évoquer le sujet très sensible des territoires contestés en comité général, c'est-à-dire lors de discussions à huis clos entre le Parlement et le gouvernement.
Pour ce qui est du territoire sud entre le Suriname et la Guyane, ces derniers mois, de nombreuses questions ont été posées de part et d'autre. Mais le gouvernement n'a jamais souhaité réagir en public et opte plutôt pour une séance à huis clos où les parlementaires puissent parler en toute liberté.
Les discussions ne se limiteront pas seulement aux démarcations terrestres mais aussi maritimes. Il s'agira, dans ce cas, de discussions multilatérales avec les autres pays de la région des Caraïbes puisqu'une demande du Suriname d'extension de son territoire maritime a récemment été approuvée par les Nation unies.

ASSEMBLÉE NATIONALE

 

Question N° :

9004

de Mme Chantal Berthelot ( Socialiste, radical, citoyen et divers gauche - Guyane ) Question écrite

 

Ministère interrogé > Affaires étrangères et européennes      Ministère attributaire > Affaires étrangères et européennes

 

Rubrique > politique extérieure           Tête d'analyse > Surinam          Analyse > contentieux frontalier

 

Question publiée au JO le : 30/10/2007 page : 6617          Réponse publiée au JO le : 05/08/2008 page : 6725

 

Texte de la question

Mme Chantal Berthelot attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et européennes sur le contentieux frontalier entre le Surinam et la France. Il perdure depuis 1978 et concerne une zone située dans le sud-ouest de la Guyane, au long du fleuve Litani, dont les deux rives sont peuplées par la même communauté autochtone. Ce différend a été avivé le 31 mai dernier par une opération de la gendarmerie française contre les orpailleurs surinamiens présents dans la zone contestée : leur matériel a été détruit et ils ont été poursuivis, semble-t-il, au-delà de la frontière surinamienne. Par la suite, l'Organisation des populations indigènes du Surinam a constaté que le Parc national amazonien, récemment créé, empiétait en partie sur la zone contestée. Or ce parc implique la restriction, pour des raisons écologiques, de certaines activités humaines considérées comme séculaires par les peuples autochtones surinamiens. Le regain de tensions qui en a résulté a incité le président surinamien à proposer la reprise des négociations, interrompues en 1991, pour le règlement définitif de ce litige. Les enjeux sont considérables : il ne s'agit pas seulement du droit frontalier et de la coopération transfrontalière entre les populations des deux rives, mais aussi des liens socio-économiques entre la Guyane française et le Surinam. C'est pourquoi elle lui demande de répondre favorablement au souhait du président surinamien afin de trouver une solution à ce vieux contentieux et répondre ainsi aux attentes des deux populations.

Texte de la réponse

Depuis 1978, la France a fait des propositions au Suriname, qui venait d'accéder à l'indépendance (1975), en vue de régler le dossier frontalier. Ces propositions n'ont jusqu'à présent pas débouché. Les actions déterminées de vive force que nous avons été contraints de conduire pour mettre fin à des activités d'orpaillage illégales ont conduit les autorités du Surinam à prendre à nouveau notre attache. Nous avons décidé de mettre à profit cette réaction surinamaise pour relancer le dialogue relatif à la frontière. Notre ambassadeur à Paramaribo a proposé aux autorités locales d'organiser, dans le courant de l'été 2008, une réunion de travail visant à régler la question de notre frontière maritime. À cette occasion, les aspects terrestres du dossier frontalier pourraient être également évoqués avec le Suriname, étant entendu que nous rejetons la mise en cause de notre souveraineté sur la portion de territoire concernée. Ce dialogue doit nous aider à mieux prendre en compte, au-delà des seuls aspects techniques et juridiques, la réalité des liens humains et socio-économiques entre la Guyane et le Suriname. Nous sommes particulièrement attachés à la préservation de ces liens. Et c'est d'ailleurs dans cet esprit constructif que nous souhaitons aussi voir le Suriname ratifier les accords que nous avons signés en matière de réadmission et de coopération policière transfrontalière.

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 Comme on peut le lire supra, la réponse donnée par le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Bernard Kouchner, était soufflée par la Realpolitik de Sarkozy. La langue de bois suprême étant de prétendre que « nous avons décidé de mettre à profit cette réaction surinamaise pour relancer le dialogue relatif à la frontière » ! L'ambassadeur de France avait en fait été convoqué à la suite de ce qui pourrait s'apparenter à un dérapage des forces de gendarmerie, s'il était avéré que les orpailleurs surinamais ont bien été poursuivis au-delà de la frontière avec le Suriname.

Quoiqu'il en soit, l'on ne peut que se réjouir de la reprise des négociations... S'il est vrai qu'elles reprennent.

 
 


21/11/2014
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