Un témoin en Guyane

Un témoin en Guyane

UN STATUT POUR NOS LANGUES, UN STATUT POUR NOS PAYS

 13/06/2015

Les citoyens et les peuples, aujourd'hui, aspirent à maitriser et non à se voir dicter leurs destins et la définition de leurs propres identités

Un communiqué du Témoin en Guyane

à partir d'un projet de texte d'Eblul France

(Bureau européen pour les langues moins répandues)

 

442.jpgEn contradiction totale avec les principes des droits de l'homme, du droit international et du droit européen, la France continue à refuser a ses citoyens la reconnaissance du droit à leurs langues et leurs cultures émanant de leurs différents territoires. Imposant une réforme territoriale technocratique et anti-démocratique contre l'existence de territoires identifiés, porteurs d'histoire, de culture et de langues propres, le pouvoir entend assimiler par la force tous les habitants à l'identité nationale unique, hégémonique et impérialiste d'une élite autoproclamée, essentiellement issue des classes supérieures parisiennes et qui entend contrôler depuis Paris l'ensemble de la population et des territoires de métropole et d'outre-mer pour la sauvegarde de ses seuls intérêts.

Remettant même en cause les acquis démocratiques de la réforme territoriale de 1982 mise en œuvre par le président François Mitterrand, cette conception à caractère colonial du fonctionnement de l'État, avec le retour de ses préfets et la création de superpréfets sur de vastes territoires sans histoire, sans culture et sans âme, a fait son temps en ce 21ème siècle.

Les citoyens et les peuples, aujourd'hui, aspirent à maitriser et non à se voir dicter leurs destins et la définition de leurs propres identités, tant individuelles que collectives par quelque pouvoir que ce soit. 
C'est pourquoi nous voulons

Un statut pour nos langues, un statut pour nos pays

Pour que les langues régionales de France puissent vivre, il n’est pas suffisant d’obtenir quelques concessions de l’Éducation nationale ou des autorités administratives. La Constitution française reconnait désormais les langues régionales comme un patrimoine de la France, mais le droit et les institutions n’ont pas changé. Ces langues et leurs locuteurs doivent donc se contenter de quelques mesures-alibis marginales, des tolérances ou des dérogations laissées à l’appréciation des décideurs.

Seule la reconnaissance d’un statut légal pour ces langues, créant des droits et mis en œuvre par des autorités élues des territoires concernés est de nature à garantir un avenir à nos langues régionales un et à sortir la France du jacobinisme culturel.

Un statut pour nos langues :

l’enseignement des langues régionales reste livré à l’appréciation discrétionnaire de

l’administration. Celle-ci ne développe cet enseignement que sous la contrainte des parents et comme une dérogation à l’enseignement monolingue francophone de droit commun. Ce caractère subsidiaire de l’enseignement en langue régionale fait obstacle à son développement et le réduit à une exception coûteuse et compliquée.

Or, une heure en langue régionaIe ne coûte pas plus cher qu’une heure en langue française dès lors que le système éducatif est conçu pour offrir un tel enseignement de manière véritablement organisée

Pour cela, il faut :
443.jpg- mettre en place des filières de formation des personnels chargés de l’enseignement dans les langues régionales ;

- reconnaître un droit pour les parents a obtenir un enseignement dans une langue régionale pour leurs enfant ;

- mettre en place des enseignements immersifs en langue régionale ;

- assurer la continuité de cet enseignement jusqu’au baccalauréat ou mieux jusqu’à l’enseignement supérieur ;

- proposer des activités extrascolaires, et des médias publics en langue régionale ;

- offrir la possibilité de l’utiliser au sein des institutions publiques et privées.

Puisque ces langues sont reconnues comme un patrimoine à protéger, des mesures positives de soutien doivent être mises en œuvre à leur profit.

Tels sont les éléments constitutif d'un statut légal pour les langues régionales, garantissant que ces langues puisent trouver une place reconnue à coté du français. Ce statut de reconnaissance à côté du français ne signifie pas une identité de statuts mais l’existence de deux statuts légaux, exprimant de manière distincte mais égale en dignité, les rôles social et culturel respectifs des langues, française et régionales.

Un statut pour nos pays

Un politique de soutien aux langues régionales ne peut être développée efficacement qu’en étant mise en œuvre au plus proche des locuteurs, comme un projet d’ensemble et comme l’expression démocratique du choix des représentants des la population concernée. La mise en œuvre de statuts pour les langues régionales doit donc se faire dans un contexte de décentralisation des compétences concernées et comme une expression de la démocratie locale.

445.jpgLes statuts pour les langues impliquent des statuts pour les « pays» dont ces langues constituent un élément constitutif. Les autorités décentralisées correspondant au champ territorial des langues régionales doivent avoir la possibilité de mettre en œuvre, chacune selon sa situation particulière, le statut de la langue régionale concernée.
Ceci implique pour les « pays » concernés des compétences appropriées :

- en matière d’enseignement et de formation professionnelle ;

- dans le domaine des médias publics ;

en ce qui concerne l’action culturelle ;

- pour la petite enfance ;

- pour ce qui concerne l'utilisation de la langue régionale dans les services publics.

La promotion de nos langues passe par l'autonomie culturelle des territoires où elles sont pratiquées.

444.jpg

Dessins originaux de Brigitte Day. Copie interdite.

 

Consultez ici  les livres dont le Témoin en Guyane est l'auteur !


15/06/2015
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