Un témoin en Guyane

Un témoin en Guyane

UNE MISE EN EXAMEN QUI EST UNE MISE À L'HEURE DE PENDULES (1)

02/07/2015

Un opérateur minier « légal » dans l'illégalité

Source : www.lekotidien

 

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Après 48h de garde à vue, le parquet a décidé de mettre en examen le président très médiatisé de la Fédération des Opérateurs miniers de Guyane (Fedomg), pour plusieurs infractions présumées (orpaillage illégal, exploitation d'un site sans titre minier, blanchiment, et travail dissimulé), dans le cadre de l'activité de sa société
Météor agissant sur le site de Grande Usine.

  En janvier, l'État confiait à sa société l'exploitation de 900 tonnes de sables et de quartz aurifères abandonnés en 2013 par les quelques deux à trois milles garimpeiros qui occupaient le site jusqu'à ce que les militaires ne les délogent. En avril, après que des militaires présents sur le site aient observé des employés de Météor sortir « des brouettes de quartz » depuis les galeries souterraines creusées par les illégaux, une enquête était lancée par le parquet.

Elle s'achevait jeudi matin par une « descente » simultanée au domicile de M Horth et sur le site forestier. Le présumé chef d'équipe présent à Grande Usine était lui aussi auditionné jeudi et vendredi. Des perquisitions ont été menées au domicile de l'entrepreneur et au siège de ses sociétés.

Pendant sa garde à vue, Gauthier Horth a reconnu « certaines maladresses » confiait vendredi soir le procureur Ivan Auriel à la presse, mais a « nié l'exploitation des galeries ». Il aurait « anticipé un accord futur qui lui serait accordé pour la prospection » poursuivait le magistrat.

La justice soupçonne également la société de Monsieur Horth de n'avoir pas remis tout l'or extrait des déchets à la Société d'Affinage et d'Apprêts de Métaux Précieux (SAAMP), seule habilitée à traiter l'or en Guyane. Le procureur évoquait une sortie de l'or en question vers le Suriname.

La Fedomg n'a pour le moment pas communiqué sur cette affaire, même si plusieurs de ses représentants ont « rencontré » le procureur dans la soirée de vendredi.

Le grain de sel du Témoin : Depuis des années, le slogan favori d'une certaine classe des milieux cayennais, persuadés que la filière orpaillage va apporter développement et progrès à la Guyane, est « halte à l'orpaillage illégal ! ». Dans le même temps, je crie « halte à l'orpaillage ! » tout court. Je souhaite être clair ; que ce soit au niveau social ou environnemental, l'orpaillage, légal ou illégal présente les mêmes pratiques pour les mêmes effets :

- l'enrichissement, non pas du territoire, mais de quelques-uns. Pas de développement, pas de progrès.

- les pratiques entreprenariales douteuses. Travail dissimulé donc absence de création significative d'emplois, fraude et évasion fiscale, et j'en passe...

- un impact environnemental plus que douteux. Les illégaux rejettent du mercure, les légaux rejettent du cyanure, et peut-être pas seulement. Entre peste et choléra, faut-il vraiment choisir ? Quant à la mise en revégétalisation des sites épuisés, c'est un leurre. On replante des espèces à croissance rapide, voire des palmiers à huile ou autres pour continuer à faire de « l'argent vert »... Mais la forêt primaire, elle, mettra cinq cents ans à se reconstituer et à faire revenir les espèces animales originelles. Les maïpouris ne fréquentent pas les plantations de palmiers à huile.

 

 Je vous renvoie à l'article-alerte que je lançais le 16/03/2013 : HARPIE EST EN BAISSE DE FORME - LES OPÉRATEURS MINIERS EXULTENT     je cite :

L'État, la Région et la FedomG (fédération des opérateurs miniers de Guyane) ont signé vendredi une déclaration d'intention permettant l'implantation d'opérateurs miniers légaux sur les sites clandestins évacués lors des opérations Harpie. « Cela fait des années qu'on en rêve ! » Un large sourire lui barrant le visage, Gauthier Horth, le président de la FedomG, peine à masquer sa joie après la signature de la déclaration d'intention survenue vendredi après-midi en préfecture. Elle a pour objectif d'installer des entreprises minières légales sur les sites illégaux évacués suite aux opérations Harpie. « Pour nous, c'est la possibilité de réinstaller facilement des opérateurs », se félicite le leader du conflit des opérateurs miniers qui a eu lieu la semaine dernière. « Mais c'est aussi une manière pour l'État de reconnaître que les opérateurs légaux ne sont pas coupables de tous les maux dont on les accuse. Les écologistes entretiennent une confusion malsaine entre légaux et illégaux. Aujourd'hui on montre que la différence entre les deux est claire » (16/03/2013).

Wê, mon gars, tu as raison, la différence est si claire... qu'on ne fait plus la différence.

Dents longues et arrogance (Il aurait « anticipé un accord futur qui lui serait accordé pour la prospection » !) restent tout de même les deux mamelles d'une certaine forme d'entreprenariat, chez nous en Guyane.

 

N.B. Monsieur Horth n'est actuellement que mis en examen. La présomption d'innocence ne peut donc que s'appliquer. Les réflexions ci-dessus sont d'ordre général et ne me sont inspirées que par la lecture de la presse et mon expérience. Elles ne sauraient en rien m'engager relativement au jugement qui devra être prononcé lors d'un procès qui reste à faire.

 Plus d'informations sur l'orpaillage par Le Témoin en Guyane :

cliquez en haut de page l'onglet De l'or et des dégâts sous la bannière.

 

Consultez ici  les livres dont le Témoin en Guyane est l'auteur !


02/07/2015
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