Un témoin en Guyane

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BELO MONTE : UNE VICTOIRE AU GOÛT DE DÉFAITE

25/04/2015

Belo Monte et Belo Sun : unis pour le meilleur et pour le pire

Source : Tereza Amaral

 

418.jpgLe gouvernement brésilien a publié le 21 avril 2015 un décret  soumettant l’exploitation de la Grande Boucle du Xingú à l'approbation de l’Arara indienne qui est une institution à pouvoir juridique. Il fait partie des obligations du Belo Monte de recevoir une licence d'exploitation, ultime autorisation délivrée par l’Ibama (instituto brasileiro do meio ambiente e dos recursos naturais renováveis, institut brésilien de l'environnement et des ressources naturelles renouvelables)  qui permettra à l'usine de fonctionner.

L'agrément de l’Arara IT de la Boucle du Xingu était prévu depuis 2011, alors que le travail était déjà commencé. L’autorisation environnementale impose trois phases :

- l’autorisation préalable,

- l'installation,

- le fonctionnement.

Cependant, Belo Monte a bénéficié d’une mesure dérogatoire, supplémentaire, une étape anormale dans le processus d'octroi de licences : l’Ibama a accepté une « autorisation partielle » - qui, de fait, n’existe pas en droit - entre la licence et l'installation préliminaire, qui a permis que le travail continue, même sans que le consortium de construction réponde aux contraintes environnementales du projet.

En 2011, seulement 4 seulement des 23 conditions imposées pour l'obtention de cette licence partielle étaient respectées. Parmi les exigences étaient mentionnées des mesures compensatoires et d'atténuation comme l'acquisition de parcelles pour la construction de la réinstallation urbaine des populations à Altamira, les travaux d'assainissement de la ville et les plans spécifiques pour répondre besoins aux peuples autochtones concernés.

En 2015, le 11 février, le consortium Norte Energia a déposé sa demande d'obtention de la licence d'exploitation. L’Ibama en examine encore le processus.

L'approbation de la Arara indienne de la Grande Boucle du Xingú est arrivé trop tard, le lendemain de la Journée de l’Indien. Cette victoire a donc le goût de la défaite : après des années de lutte pour la reconnaissance de la propriété foncière, celle-ci est donnée comme une exigence pour permettre une implantation dont les travaux sont déjà (trop ?) avancés, ce qui va changer le cours et le débit de la rivière dont le Juruna et l’Arara revendiquaient la propriété. Leurs terres re-concédées aux autochtones auront-elles quelque importance si leur fleuve est détourné ?

Sans oublier qu’à proximité, le consortium Belo Sun guette avec envie le sol qui émergera sous la Grande Boucle pour en extraire l’or qui y est contenu.

Traduction : le Témoin

 419.jpg

 

 

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25/04/2015
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