Un témoin en Guyane

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BRÉSIL: LA MOBILISATION INDIENNE FAIT DES RICOCHETS

 

02/10/2013

Une mobilisation sans précédent

Communiqué de presse diffusé à Paris le 30 Septembre 2013

 

Les peuples indigènes du Brésil s'unissent pour une mobilisation sans précédent : une conférence-débat, avec la présence exceptionnelle du chef Afukaka de la tribu Kuikuro le 1er octobre, au Comptoir Général de Paris pour soutenir la mobilisation générale des peuples indigènes du Brésil (30 septembre-5 octobre 2013).

 

La plus grande manifestation indigène au Brésil, pour la première fois réunie dans un mouvement unitaire, a lieu du 30/09 au 5/10 dans tout le pays, à Brasília, São Paulo, Belém et Rio Branco. Convoquée par l?APIB (Association des peuples autochtones du Brésil), la mobilisation a pour but de défendre la Constitution Brésilienne, le droit des populations indigènes et des communautés traditionnelles et le futur de l'Amazonie. Le 5 Octobre, la Constitution Fédérale Brésilienne fête ses 25 ans.

3832911-5748819.jpgCet événement est une réponse aux attaques généralisées que subissent les peuples sur leurs droits territoriaux, articulées par le lobby des grandes entreprises et propriétaires terriens, la Bancada ruralista, au Congrès National et au gouvernement. Ce mouvement est soutenu par des organisations internationales des Droits de l'homme et de protection de l?environnement et relayé à Paris par le chef indien Afukaka de la tribu Kuikiro.

Une centaine de projets de loi en discussion au Congrès national (Brésil) prétendent restreindre les droits garantis aux populations autochtones traditionnelles par la Constitution fédérale de 1988, en particulier le droit à la terre et à l'utilisation exclusive de ses ressources naturelles. Parmi eux, les Propositions d'Amendement constitutionnel pour modifier les processus de démarcation des territoires entrainant leur paralysie (PEC 215 et 38) ; le projet de loi complémentaire pour l'introduction d'entreprises en territoires indigènes reconnus (PLP 227), ou encore l'ordonnance du Procureur général qui restreint considérablement les droits des autochtones sur leur terres (Port 303).

Si certaines de ces lois sont votées, on risque d'aggraver la situation d'insécurité et de provoquer l'explosion des conflits fonciers dans tout le Brésil. Par exemple :

- la PEC 215 entraînerait une révision foncière de 13% du territoire brésilien, qui connait déjà de graves conflits : 563 indiens ont été tués ces 10 dernières années, dont 60 en 2012 ;

- la PLP 227 rendrait juridiquement légales de nombreuses initiatives, telles que le barrage de Belo Monte et sa face cachée, l'exploitation minière de Belo Sun ; toute action de la société civile s'avèrerait désormais vaine : certaines études (cf. annexe étude Belo Sun par M. Christian Caubet, Professeur et avocat au Brésil) démontrent que le barrage de Belo Monte a été créé initialement en vue de fournir l'énergie au projet minier de Belo Sun.

Le gouvernement de Dilma Rousseff a historiquement la plus mauvaise gestion des terres indigènes : il n'applique pas la consultation préalable, libre et éclairée des populations indigènes garantie par la Convention n°169 de l'Organisation Internationale du Travail, paralyse la démarcation des terres indigènes, enfreignant ainsi la Constitution et les traités internationaux. Parallèlement, il subventionne le modèle agricole des grands propriétaires terriens, qui concentre les terres et les revenus, utilise massivement la chimie agricole, expulse les travailleurs ruraux, les petits paysans et les populations autochtones traditionnelles, tout en ne créant que peu d'emplois.

Les organisations brésiliennes cherchent le soutien de la communauté internationale face au manque d'écoute du gouvernement brésilien et aux menaces qui pèsent sur les peuples indigènes et communautés autochtones traditionnelles. Afukaka, leader de la tribu Kuikiro, exceptionnellement à Paris pour l?exposition Genesis de Sebastiao Salgado, témoignera des atteintes portées aux peuples indigènes lors d'une

 

Conférence-débat Mardi 1er octobre à 10 heures

au Comptoir Général à Paris

 

Il sera accompagné de l'anthropologue Carlos Fausto, professeur au Musée National de l'Université fédérale de Rio de Janeiro et de Felipe Milanez, chercheur au Centre d'études sociales de l'Université de Coimbra et Journaliste spécialisé sur l'environnement, les conflits sociaux et les questions autochtones, qui proposeront une analyse de la situation juridique au brésil, des atteintes portées aux droits des populations autochtones et des exemples de cas sur le terrain. Sera également diffusé un message filmé du Cacique Raoni Metuktire, connu dans le monde entier pour son engagement en faveur de la forêt amazonienne.

Le mouvement est soutenu au Brésil par les organisations indigènes et indigénistes :

- ISA (Institut socio-environnemental),

- CIMI (Conseil indigène missionnaire),

- CTI (Centre pour le travail indigène),

- Commission Pro indien...

- des mouvements sociaux des communautés autochtones traditionnelles (Quilombolas, paysans) et par des organisations de la société civile : Greenpeace Brésil...

En France, de nombreuses organisations se sont réunies pour relayer le message, dont la Fondation Danièle Mitterrand France-Libertés, Planète Amazone, Amazon Watch, GITPA (Groupe International de Travail sur les Peuples Autochtones), ICRA International, Nature Rights et d?autres...

Le mouvement est relayé à Londres et à Berlin par des manifestations devant l'Ambassade du Brésil.

 

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Contacts France :

Samanta Novella lanovella@gmail.com - +33 6 64 44 25 16

Matthieu Bonnet info@planeteamazone.org - +33 6 88 32 97 81

Dossier et Annexes :

https://www.dropbox.com/sh/9psnftol5bigiqh/90pT8MXgy6

Page Fcb de l?événement au Brésil :

https://www.facebook.com/events/420277334743043/?fref=ts

 



02/10/2013
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