Un Témoin en Guyane, écrivain - le blog officiel

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DEMAIN, C'EST NOUS !

21/01/2013

Keïta Stephenson

Silex/ Nouvelles du Sud & Association Guyanaise d'édition

 

keita-S.jpgIl est le fils du poète et dramaturge Élie Stephenson. Il signe ici un essai brillant sans doute, il croit fort dans les potentialités des nouvelles générations en Guyane. C'est un peu la démarche du « témoin éclairé », celui qui regarde, observe, tire des leçons de ce qu'il voit. Comme enfant du pays-Guyane, il porte une vision très mondialisée, quoique séduisante, de ce qui se joue en Guyane, entre appétit des jeunes générations pour le développement du pays et miroir aux alouettes.

 

Je n'ai pas encore lu son livre, mais il est sûr qu'il se trouve au programme posé sur mon chevet. En fait, j'attends de découvrir de quels jeunes il parle... Je suis cependant extrêmement séduit par le refus d'acquitter, d'absoudre les politiques locaux pour leurs faveurs aux consultants exogènes, leur absence de stratégie, absence d'anticipation, et leur culte du bricolage, de l'approximation et de l'arrogance masticatoire.

 

Je ne résiste pas à l'envie de vous livrer un morceau choisi d'une interview, pardon, d'une entrevue, d'un morceau de conversation avec le magazine Afrik.com :

- Dans votre dernier chapitre, vous mettez en lien la question des ressources naturelles et la diversité culturelle. Comment expliquez-vous que ce lien ne soit pas l'objet de politique publique ou de mobilisation académique ?

- Je n'ai pas la réponse. Je crois que l'on s'est installé dans une forme de confort intellectuel, ou de conformisme, où des fonctionnaires se déguisent en entrepreneurs, où la culture de l'effort, le sens du devoir, l'accompagnement de la jeunesse, l'imagination sont devenus de gros mots. Les ressources naturelles ont besoin de ressources humaines pour être exploitées. Ces ressources humaines doivent être formées, fondées, mobilisées selon des principes qui vont au-delà de la seule recherche du profit à court terme. La diversité culturelle offre à ce titre, un éventail plus large d'expériences et de connaissances pour créer des modèles, des voies originales, vraiment audacieuses et fertiles. Des réflexions existent, mais elles restent inaudibles. Les circonstances leur donneront l'occasion d'être entendues et mises en œuvre. J'espère qu'il y aura d'ici-là assez de ressources pour ce faire. De même, l'exploitation du pétrole guyanais doit être l'objet d'une mobilisation politique originale et d'une imagination intellectuelle, aujourd'hui quasi-nulles.

- A ce sujet, le gouvernement vient de suspendre l'exploration des gisements de pétrole off-shore, ce qui a suscité de vives réactions en Guyane. Votre sentiment sur cette décision ?

- Je suis plus surpris par l'indignation des responsables économiques et politiques locaux, reprochant l'unilatéralisme de cette décision gouvernementale, plutôt que par cette décision elle-même. Celle-ci est dans la ligne politique actuelle, plus attentive aux aspects environnementaux, bien qu'il y ait peut-être quelque maladresse qu'il appartiendra au juge administratif de trancher. En tout état de cause, le gouvernement n'a pas de raison de se concerter avec les entreprises et les élus locaux. Après les consultations populaires de 2010 qui ont confirmé la peur de l'autonomie, l'acceptation du Schéma minier qui met sous cloche la majeure partie des sous-sols, d'un pont franco-brésilien ou des projets spatiaux sans contrepartie et sans obligation de co-développement, et les incohérences absolues couplées à l'absence de convergence des stratégies institutionnelles locales, il n'y a aucune raison objective pour que le gouvernement cherche à se concerter avec les autorités locales puisqu'elles se sont ainsi, depuis longtemps, disqualifiées. Entre dépression, et humiliation des cadres et des jeunes, contraints à l'exil ou aux soirées arrosées, quand ils ne finissent pas à l'hôpital ou à la morgue, entre faveurs aux consultants exogènes, absence de lobbying, absence de stratégie, absence d'anticipation, et culte du bricolage, de l'approximation et de l'arrogance masticatoire, il n'est juste pas possible que ces responsables soient audibles. C'est un fait. Alors je pense que l'indignation n'intéresse et ne rapporte rien aux jeunes de Guyane [...].

 

Consultez cet entretien in extenso sur : http://www.afrik.com/article25947.html

 



21/01/2013
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