Un Témoin en Guyane, écrivain - le blog officiel

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JOËL ROY, AUTEUR DE « DEUX JEUNES NÈGRES ACRYLIQUES et autres nouvelles magiques d'Amazonie », RÉPOND...

22/02/2018

 

La magie de l'Amazonie...

Source : "Le Mag", 17/02/2018

 

 

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Son dernier livre Deux jeunes Nègres acryliques nous plonge dans une Amazonie empreinte de magie à travers cinq nouvelles qu'on a du mal à lâcher.

 

Envoûtantes. C’est le mot qui nous vient à l’esprit pour qualifier la quasi-totalité des nouvelles du recueil. Au fil des mots, Joël Roy nous plonge dans un monde imaginaire dont on s’extirpe à regret. Un monde irréel, certes, mais qui nous amène à nous interroger sur nos croyances et nos comportements face au réel.

 

Au fil de sa narration, Joël Roy va nous envoûter par ces récits étranges et magiques. Qui sait combien de secrets enfouis ils peuvent révéler ? Car ma magique nous entoure, nous cerne et parfois nous happe...

Voici l'essentiel d'une interview donnée récemment...

 Quand avez-vous fait vos premiers pas dans l'Écriture ?

Tout au long de ma vie déjà longue, j'ai pu exercer à titre professionnel différentes activités, qui toutes étaient en lien avec les trois passions qui m'ont toujours porté et continuent de conduire ma vie : la littérature, la musique et les gens.

Disons que j'ai été successivement enseignant, formateur, artiste lyrique et délégué national dans le secteur associatif. Cela peut paraître éclectique mars prend dans ma propre évolution toute sa cohérence.

J'ai toujours écrit mais n'ai tenté que tardivement de me faire éditer. Trop tard ? Je ne crois pas. Je l'ai fait lorsque j’ai pensé avoir la maturité pour cela. Après la parution de mon premier roman Variations sur un thème détestable en 2011, j'ai publié une douzaine d'ouvrages, parmi lesquels des romans, des essais et également des albums de jeunesse bilingues en français et langue du fleuve. J'ai aussi participé comme nouvelliste à des ouvrages collectifs (Brèves de Savane 2 publié chez Ibis Rouge et Guyane nou gon ké sa, publié l’an passé chez Rimanay).

Votre bio dit que vous partagez votre vie « entre l'Hexagone et la Guyane ». Pouvez-vous développer ?

Je suis arrivé en Guyane alors que j'étais encore en activité professionnelle. Après une dizaine d'années, lorsque l'heure de la retraite a sonné, je n'ai pas pu me résoudre à quitter la Guyane, pays auquel je m'étais attaché. J’ai donc décidé de rester... Mais ma famille, mes enfants et mes petits-enfants résident tous en France hexagonale. La solution s'est imposée d'elle-même : de trois mois en trois mois, j'opère des aller-retours entre ma terre d'accueil et d'adoption et ma terre d'origine, à laquelle je reste très attaché. J'ai parfois l'impression de faire le « grand-écart »…

Ces cinq nouvelles parlent de plusieurs bouts d'Amazonie… Qu'est-ce qui vous a interpellé sur ces territoires, la Guyane, le Pérou et le Brésil ?...

La Guyane a été ma porte d'entrée en Amazonie. J'aime par-dessus tout la grande forêt gardienne de nos vies et de nos valeurs. Il y a un point commun entre tous les territoires amazoniens : la menace industrielle et extractiviste qui menace la survie même des peuples qui y vivent et qui en dépendent. Pour se défendre, ils n'ont à opposer qu'une résistance passive et non violente et leurs cultures.

 

La nouvelle Deux Jeunes Nègres acryliques a donné son nom au recueil. Pourquoi ce choix ?

C'est un choix éditorial. Il fut facile car elle est la première à avoir été écrite. Il était donc logique qu'elle donnât son titre à l'ouvrage.

 Cette nouvelle se base sur un tableau de Brigitte Day. Racontez votre histoire avec cette œuvre.

J'ai rencontré cette artiste lors d'une exposition organisée par la bibliothèque Man Vévé de Mana. J'avoue être tombé en arrêt devant une telle maîtrise : l'habileté et la finesse du trait, l'utilisation parfois improbable mais toujours judicieuse des couleurs…

Brigitte sait admirablement faire rebondir la lumière sur les corps. Ce tableau-là m'a littéralement « scotché ». Je ne pouvais plus m'en détacher, il me fallait l'acquérir.

C'est plus tard que l'idée d'écrire sur cette œuvre m'est venue, après de longs mois et années de fréquentation mutuelle, ce tableau et moi…

À la suite de cet achat, Brigitte et moi sommes devenus amis et nous avons collaboré pour la réalisation de trois albums de jeunesse qu'elle a illustrés, la série des Pikin Siri (L’Harmattan, 2015-2016).

Que trouvez-vous magique en Amazonie ?

Les gens et leur gentillesse, leur qualité d'accueil, leur sagesse… L'alliance de l'aquatique et du végétal, le fleuve et la forêt qui peuvent à la fois vous accueillir ou vous avaler… La relation d'osmose entre cet environnement – souvent redouté des Européens – et les peuples autochtones et traditionnels qui l'habitent, la surprise ou l'émerveillement pouvant surgir à tout moment d'une rencontre, des cultures qui ont forgê des traditions de connaissance, d'échange et de respect entre le milieu et les Hommes, tout cela est magique pour moi, et pour eux également. La preuve : de très nombreux mythes et légendes véhiculent tout cela, pour ne rien perdre. Et pour moi, venu d'ailleurs, le sentiment de n'avoir jamais tout compris, tout su, tout connu…   

Comment est accueilli ce recueil par les lecteurs ?

ll est sans doute trop tôt pour répondre. Cet ouvrage n'est pas encore paru dans l'Hexagone où il est attendu pour le 1er avril. Mais en ce qui concerne la Guyane, où il a été présenté au Salon du livre de Cayenne en novembre dernier, j'ai beaucoup de retours très positifs…

Votre dernier coup de cœur littéraire… 

Je suis « fan » de Simone Schwartz-Bart. Pluie et vent sur Télumée-Miracle, que j'ai lu pour la première fais il y a plus de trente ans et que je reprends régulièrement me procure toujours la même émotion : lavi a pa fasil. Vous l'avez compris, ce n'est pas môn « dernier » coup de cœur. Le choix n'est pas aisé, tant les auteurs de qualité sont nombreux… S'il me faut en garder un – c’'est dur – ce sera Tropique de la violence, de

Natacha Appanah. Une histoire malheureusement redondante que les auteurs qui prétendent jouer un rôle dans notre société antisociale devront continuer de décliner encore et encore : celle du broyage des plus faibles, relégués ou exclus. Dans ce livre, l'auteure met une écriture puissante au service de ce qui sera traité comme un fait-divers par les autorités. Elle y met aussi de la magie, lorsqu'elle fait dialoguer un jeune homme mort avec son meurtrier…

Quels sont vos projets d’écriture ?

Un livre au moins par an jusqu'à l'âge de 100 ans. Je plaisante, bien sûr, quoique… J'ai actuellement plusieurs projets sur le feu : un roman en attente chez l'éditeur, un autre en phase d'achèvement, et un travail d'investigation pour poursuivre mes recherches sur le marronnage, comme un complément logique à l'un de mes précédents essais : Devoir marronner aujourd'hui dans l'espace des Guyanes (L'Harmattan, 2017)… et d'autres encore, qu'il serait prématuré d'évoquer ici.

Joël Roy, propos recueillis

par Audrey Virassamy

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Consultez ici  les livres dont le Témoin en Guyane est l'auteur !


22/02/2018
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