WAYANGA : Amazonie en sursis - Un Témoin en Guyane, écrivain - le blog officiel

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WAYANGA : Amazonie en sursis

28/04/2012

Une Amazonie en sursis

 

Sans cesse, les Blancs sont allés sur la terre des Indiens pour les escroquer, pour les massacrer. Et encore aujourd'hui les Blancs continuent d'abuser de nous. [...]

Les Blancs doivent penser à nous, à nos coutumes, à notre forêt. Nos terres sont les dernières du Brésil à être encore vertes. Et les Blancs veulent tout de même les détruire. [...]

Nous avons besoin d'aide. C'est pour cela, Mopkwoy, que je te donne ma parole. Tu dois bien l'étudier et la diffuser autour de toi. Ainsi, je l'espère, certaines personnes voudront nous venir en aide.

Ropni Metyktire

 

51V1JHDNR5L__SS500_-copie-1.jpgEmilie Barrucand séjourne fréquemment au Brésil, chez les Indiens Mébéngôkre (Kayapo), Pareci, Irantxe, Bororo, Juruna, elle est l'amie de nombreux grands leaders politiques autochtones. Ils lui ont confié leurs problèmes, leurs besoins, leurs espoirs et lui ont demandé de les soutenir. De là est née l'idée d'organiser des rencontres interethniques qui se dérouleront dans les villages indigènes de l'Etat du Mato Grosso, afin que ces derniers puissent s'entraider et lutter ensemble contre les menaces qui pèsent sur eux. Le projet s'intitule "Solidarité interethnique". Émilie Barrucand a parallèlement créé l'association Wayanga. Au cœur de la forêt tropicale, elle va alors rejoindre les Indiens Mébéngôkre Métyktire, l'un des peuples indigènes les plus guerriers d'Amazonie, pour mettre en œuvre le projet. Quelques années auparavant, elle rencontrait l'un d'eux. Un grand chef. Il l'invitait dans son village. Elle devenait sa fille adoptive.
Elle a dû s'adapter aux coutumes et au rythme de vie de la communauté, prouver qu'elle n'avait pas de mauvaises intentions et apprendre la langue avant que ses membres ne l'acceptent et qu'une complicité naisse entre eux. Depuis, elle s'est engagée aux côtés des peuples indigènes dans leur lutte pour le respect de leurs terres, de leurs droits et de leur culture.
Du fait de son engagement politique, bien qu'elle soit une femme, les hommes acceptent sa participation aux grandes discussions qui se déroulent, au centre du campement, sur la « place des Hommes ». C'est en ce lieu qu'ils mettent en place le projet de rencontres interethniques et choisissent la personne qui en sera responsable au sein de la communauté.
Utilisant habilement ses connaissances anthropologiques et politiques qui, mêlées à ses propres émotions, nous entraînent de la souffrance à la joie, de la peur à l'espoir, du jeu à la guerre, Emilie Barrucand dresse un portrait bouleversant de la situation des Indiens du Brésil.

 

Ethnologue engagée, Emilie Barrucand est présidente de l'association Wayanga qui s'investit dans la défense des droits, des cultures et des terres des peuples autochtones d'Amazonie brésilienne. Elle travaille depuis plus de douze ans auprès de différentes associations autochtones locales.

Je me répète sans doute, mais ce bouquin est incontournable pour tous ceux que l'avenir des peuples minoritaires intéresse. Vécu, écrit par une jeune ethnologue adoptée par un chef amérindien du Brésil, cet ouvrage nous fait considérer de l'intérieur les enjeux liés à la perpétuation ou à la mort des cultures autochtones. Chez nous, en Guyane, nous sommes peut-être en passe de franchir le point de non-retour...

En vente dans toutes les bonnes librairies (15 à 18 ?)

ou au cherche midi, éditeur



28/04/2012
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