Un Témoin en Guyane, écrivain - le blog officiel

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MONTAGNE D'OR : OÙ EN EST-ON ?

22/09/2009

 

De l'hypocrisie institutionnelle

Source : https://blogs.mediapart.fr/or-de-question-guyane/blog/

Maïouri Nature Guyane

Or de question

 

865.jpgProjet arrêté ? projet simplement suspendu ? Tout un fatras de bloublou où chacun peut comprendre tout et n'importe quoi. Certains restent attentifs et mobilisés quand d'autres prétendent avoir déjà remporté la victoire sur ce projet écocide.
Alors que l’Amazonie brésilienne s’embrase, la Guyane française projette de miner, brûler et noyer sa forêt primaire avec l’appui des de l’État, de la Collectivité territoriale et aux bénéfices des incontournables multinationales de l’extractivisme et de l’énergie.
 La Guyane, un territoire miné
 Actuellement, les permis miniers délivrés ou en cours d’instruction par le gouvernement menacent plus de 360 000 hectares du territoire guyanais.
Loin de renforcer le contrôle en matière de protection de la biodiversité, le gouvernement a encore récemment allégé les règles applicables à l'évaluation environnementale en Guyane. Le décret du 4 avril 2018 instaure des dérogations spécifiques au territoire. Les associations craignent une aggravation de la destruction de la nature aux profits des industriels et notamment des sociétés minières.
Iamgold, Goldinvest, Sudmine, projet de la Montagne d’or... Depuis 2017, le gouvernement français ne cesse d’accorder de nouveaux permis d’exploration à des sociétés minières en Guyane. Au point que 300 000 hectares de forêts tropicales y sont désormais menacés de destruction, soit l’équivalent d’un département comme le Rhône. Une politique non seulement contraire aux engagements de la France, mais aussi combattue par les populations locales et par les ONG.
 

Permis et concessions accordés en Guyane

Mais qui sont donc les nouveaux colons ?

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La biomasse industrielle, fausse énergie verte
Pendant que l'Amazonie s'embrase, la Guyane Française projette de brûler sa forêt primaire avec les subventions de l'Europe !
La biomasse envisagée industriellement, en prélevant sa ressource dans la forêt primaire, dissimulée derrière de fumeux projets d’agro-foresterie constitue alors une atteinte grave à une ressource qui n’a pas encore été inventoriée en termes de biodiversité et de biens communs de l'humanité.
La CTG ne pourra pas déforester l'Amazonie avec les règles européennes actuelles qui protègent la forêt primaire. Du coup, elle entend plaider pour une exception guyanaise, sous le régime des régions ultra-périphériques (RUP), à l’article 26 la Directive européenne COM (2016)767
Lire le fatras de la CTG  ici
 
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Le président de la CTG a déclaré avoir le soutien du président Emmanuel Macron qui lui aurait promis d'accélérer la procédure.
Trois implantations de centrales sont prévues : Sinnamary, Saintt-Georges de l’Oyapok et Cacao. Ce grand projet de biomasse nécessitera des coupes rases dans la forêt primaire guyanaise et permettra l’implantation de projets couplés avec des installations agricoles. Le modèle fazendista brésilien bientôt chez nous ?
Barrages hydro-électriques, un hydro-désastre868.jpg
En Guyane, le bilan carbone accablant de 20 ans de production hydro-électrique sur le barrage de Petit-Saut en Guyane montre que ses rejets en gaz à effet de serre (sulfure d'hydrogène, dioxyde de carbone et méthane sont de très loin supérieurs à ceux de la vieille centrale à fuel de Degrad-des-Cannes. Et cela devrait durer encore presque une cinquantaine d'années !
Alors que le bilan carbone du premier barrage s’est révélé contraire aux objectifs de protection du climat et de la biodiversité, et que celui-ci est considéré comme l’un des barrages les moins rentables au monde selon le rapport surface/puissance, la construction d’un second barrage est à l’étude en Guyane.
L'émergence d'un tel projet s’explique par les liens étroits qui existent entre l’installation d’un méga-barrage et la volonté d'un État à développer la méga-industrie minière, énergivore par excellence. En outre, le site envisagé pourrait se trouver sur le cours de la rivière Mana, à l'heure actuelle encore presque préservée des pollutions chimiques.
 
À l’heure de l’urgence climatique, ennoyer des dizaines de milliers d’hectares de forêts primaires, c’est accepter l’idée insensée de détruire des pans entiers de forêts primaires qui n’ont même pas été inventoriés en terme de biodiversité et de chimio-diversité, c’est accepter de voir disparaître une masse colossale de grumes valorisables par les vingt-cinq métiers de la filière bois...
 
Si la mise en œuvre du barrage de Petit-Saut a pu sembler se justifier par le besoin en énergie de la population guyanaise, un équilibre bénéfice/ nuisance équilibré, C'est un argument qui n'est absolument pas recevable en l'état actuel des choses. Ce nouveau barrage serait dédié à la fourniture d'énergie nécessaire au fonctionnement de Montagne d'or ! Ici encore, le modèle brésilien est inspirant : le barrage de Belo Monte nourrit en énergie le site minier de Belo Sun.
 Je ne saurais terminer cette chronique sans proposer au lecteur de visionner une vidéo très (très, très !) édifiante de Media TV, tournée lors du Climax Festival. Outre le fait qu'elle nous dresse un état de l'avancement du projet Montagne d'or, elle nous fait le point sur la rouerie institutionnelle... Regardez bien...
 
 
 

 

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22/09/2019
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