Un Témoin en Guyane, écrivain - le blog officiel

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QUAND IL PLEUT, IL PLEUT !

13/03/2022

 

L'appel de la route...

 

 

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« On n’a jamais vu ça ! »

« C’est complètement anormal ! »

 

On entend ça car depuis plus d’un mois et demi, il pleut tous les jours, ou presque. Presque, parce qu’en quarante jours, on a eu une journée et une nuit de répit. Oh, pas du grand beau, mais un ciel vaguement occulté de vaporeux cirrus empêchant quelque peu la morsure devenue inhabituelle d’un soleil provisoirement ressuscité.

 

« Mais que se passe-t-il donc ? »

07-04-09 172b.JPGCe qu’il se passe ? mais c’est la saison humide ! Dans notre belle Guyane au tempérament équatorial, la pluie s’est installée fin décembre, comme chaque année. Nous l’aurons régulièrement jusqu’en juillet, sauf un épisode irrégulier de quatre à six semaines où la sécheresse s’installera provisoirement constituant le « petit été de mars ». Nous devrions en finir avec la pluie en juillet-août où sécheresse et chaleur seront notre lot jusqu’en décembre où le cycle recommencera.

Qu’est-ce qui cloche, alors ? En fait, c’est simple, et pas du tout exceptionnel. J’en demande pardon à mes amis lecteurs, mais je vais devoir être un peu technique

 

1. La zone intertropicale de convergence (ZIC ou ZCIT) est l’espace autour de l’équateur où les alizés de nord-est provenant de l'hémisphère Nord et les alizés de sud-est provenant de l'hémisphère Sud se rejoignent, passant de l'hémisphère nord à l'hémisphère sud et vice-versa selon un rythme annuel. Ces variations ont un effet important sur les précipitations des territoires équatoriaux, produisant les saisons sèches et les saisons humides. Certains phénomènes de la ZCIT, surtout s’ils se prolongent, peuvent produire de graves inondations ou sécheresses dans les zones intertropicales ou dites équatoriales.

 

2. Chacun d’entre vous a entendu parler des courants El Niño et La Niña… Le premier se traduit pas une hausse de la température à la surface de l'eau (sur une profondeur de 10 mètres environ) de l'est de l'océan Pacifique, jusqu’aux côtes équatoriales de l’Amérique du Sud.

 

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La Niña, au contraire, est liée à un renforcement des alizés dans l'océan Pacifique Ouest qui, déplaçant encore plus les eaux chaudes de surface de cette région, provoquent un renforcement de la remontée d'eau plus froide qu'à l'accoutumée. Ce phénomène peut se prolonger parfois durant des mois. Il résulte d’un dérèglement atmosphérique que l’on arrive mal à expliquer et qui revient périodiquement. Les épisodes La Niña surviennent tous les 4 à 5 ans et durent en général 1 à 2 ans. La Niña suit souvent un épisode de El Niño, qui est l'effet inverse, en une sur-réaction de l'atmosphère afin de revenir à son état d'équilibre. C’est alizés nord contre alizés sud, masses d’air plus chaudes ou plus froides qu’à l’habitude selon le cas, entraînant déficit ou excès de précipitations.

 

 C'est bien cela qui nous arrive en ce moment.

Nous voguons (si je puis dire) en épisode La Niña depuis le milieu 2021. Les prévisionnistes météorologistes en annoncent le terme pour mars-mai 2022. Patientons donc !

 

images.jpgCes phénomènes sont connus ! Pour autant, nos routes sont dégradées comme on imagine difficilement… Certaines sont submergées pério-diquement même hors conditions exceptionnelles. Comment accepter qu’à chaque période de marées d’équinoxe nous devions traverser des flaques d’eau que l’on pourrait plutôt nommer mares voire étangs ? Comment accepter que nos voitures fassent les frais de cette situation alors que nombre de communes guyanaises ne comptent aucun garagiste sur leur territoire ?

 

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5ea602a0d4ea0_4c0d9bd9-8400-4469-9633-f26a4e7311e3-1353696.jpgChaque année nous avons une saison humide qui dure six bons mois. Périodiquement, tous les quatre à cinq ans les épisodes El Niño-La Niña se reproduisent.

Parfois, quelques trous sont rebouchés d’une couche de gravier bitumé, que la prochaine pluie aura tôt fait de disperser.

    

Nous allons patienter encore un peu afin de regarder la façon dont les récents et les prochains élus prendront les services Guyanais de voirie à bras le corps. Et si recours il doit y avoir à des entreprises privées, gageons que les appels d’offre sélectionnés le seront en toute transparence. Car il faudra bien arrêter de rémunérer (très cher) de brillants ingénieurs qui dessinent des routes au-dessous des niveaux inondables !

Okwadjani

      

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Retrouvez bientôt la prochaine chronique d’Olson sur Un Témoin en Guyane


13/03/2022
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