Un Témoin en Guyane, écrivain - le blog officiel

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REFONDONS L'ÉCOLE... en Guyane aussi ?

12/10/2012

Il fait courir les esprits, ce débat...

les bons comme les mauvais esprits.

 

Le rapport remis récemment au président de la République (dit Rapport Dulot) fait état de « perte de sens », d'« organisation administrative dysfonctionnante », de « mise en place exclusivement sur le court terme », d'« affichage du souhait de renforcer la formation des enseignants mais [de la] destruction de son organisation au travers de la réforme de la «mastérisation » », et la liste est longue...

 

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Quant aux préconisations, on n'y trouve pas grand-chose de nouveau sous le soleil : en vrac et en désordre :

 

- la nécessité de collaborer avec les parents (un peu de bon sens, nom d'un...),

- l'interdiction des devoirs à la maison (cf. l'arrêté du 23 novembre 1956, renforcé par la circulaire du 29 décembre 1956, puis la circulaire du 28 janvier 1958, celle du 14 mai 1962, du 17 décembre 1964, puis de 1971, 1986 et 1990...). En bref, aujourd'hui, les devoirs à la maison (et toutes formes de travail écrit) sont strictement interdits.

- la recherche d'une meilleure formation (une formation tout-court ?) pour les enseignants. Depuis la réforme dite de mastérisation, toute formation initiale a été supprimée. Et ce n'est pas le suivi de terrain que pourront prodiguer de malheureux conseillers pédagogiques (écrasés, dans l'Ouest guyanais par le nombre de jeunes profs stagiaires) ou de bien intentionnés tuteurs de proximité (enseignants n'ayant aucune compétence reconnue de formateurs) qui se substituera à une réelle et solide formation initiale. Nous assistons à l'émergence -annoncée de longue date- d'une classe de profs unijambistes : la jambe universitaire valide, la jambe pédagogique amputée. En 1989, déjà, lors de la mise à mort des Écoles normales et leur remplacement par les IUFM, une des premières disciplines supprimées était... la psycho-pédagogie. Conaissance des différents stades de développement de l'enfant, dehors ; rapports et positionnements enfant-adulte ou apprenant-formateur, exeunt...

Au moins y trouvera-t-on, et c'est peut-être là la partie intéressante de ce rapport, la nécessité incontournable et absolue de l'instauration d'un pacte social et républicain. C'est à dire que l'éducation est le sol de fondation de toute société et que, en conséquence, c'est l'affaire de tous les acteurs, sociaux et institutionnels.

Un constat est facile à faire : les pays qui émergent le plus sont aussi ceux qui investissent le plus dans leur système éducatif. Les autre se sous-développent. Les coupes sombres d'un précédent pouvoir nous ont mis en grand danger de régression. Un citoyen ne peut accepter que l'on coupe les vivres d'une éducation nationale vacillante, plus en raison de la réputation qui lui est faite qu'au vu de ses résultats...

 

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Dans nos DOM-COM la question se pose sans doute de manière plus urgente encore car nous avons deux paramètres sensibles à prendre en compte :

- la spécificité locale : dans les écoles de l'Ouest guyanais une très forte majorité d'enfants n'ont pas le français comme langue maternelle. Où sont les enseignants compétents en FLS (français langue seconde) ? Dans l'hexagone, un enfant non francophone confronté à un groupe classe majoritairement francophone utilisera assez vite et spontanément la langue dominante. Ici, dans le plus vaste département de France, la langue majoritaire n'est pas le français. Il importe donc de développer des stratégies innovantes en matière de pédagogie et de communication. Ici moins qu'ailleurs les parents ne peuvent rester à la marge des enjeux qui se posent.

- la non-scolarisation et la déscolarisation : spécificité culturelle, éloignement et dispersion de l'habitat, mais aussi le désintérêt voire la mauvaise volonté de certains pouvoirs locaux sont parfois à l'origine de ces carences. Si un jeune quitte le système éducatif parce que sa famille ne peut pas payer le transport scolaire pour tous ses frères et soeurs, ou si un jeune doit quitter le lycée parce qu'on lui a trop longtemps fait attendre son titre de séjour, ce n'est certes pas parce que l'École est défaillante !

 



12/10/2012
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