L'OR, ENCORE !... - Un Témoin en Guyane, écrivain - le blog officiel

Un Témoin en Guyane, écrivain - le blog officiel

Un Témoin en Guyane, écrivain - le blog officiel

L'OR, ENCORE !...

06/04/2013

Rexma : le « permis Limonade »

 

ROT-KOZE

 

Un peu de polémique, pourquoi pas ? 

Le journal Ròt Kozé se définit ici, en Guyane, comme un journal d'inspiration ouvrière et le seul journal d'opinion. Le premier numéro paraît en novembre 1990. Un an avant la naissance du MDES (Mouvement de Décolonisation et d'Emancipation Sociale, c'est un parti indépendantiste), Ròt Kozé définit l'émancipation sociale comme associée au principe de décolonisation du peuple guyanais.

 

Voyons comment il décrit la situation de Saül (voir Orpaillage à Saül : rien n'est encore gagné !), sous le titre : Un exemple criant de ségrégation économique.

 

Le contexte

Ceux qui marronnent des sentiers battus de l'instruction coloniale confirment que le village de Saül bâtit au tout début du 20è siècle par les chercheurs d'or Guyanais, est l'une des deux communes avec Saint Elie, construite avec l'or, pour l'or.

L'action de la France sur ce territoire ces deux dernières décennies est une insulte à la mémoire de nos Gangans. Dans un premier temps après le sommet de Rio en 1992, on préfigure pendant quinze années (sans cadre juridique) ce que devrait être le périmètre du parc colonial du sud et par la même occasion on oppose aux professionnels Guyanais un arrêté de protection du biotope d'un rayon de 20 km autour de Saül.

Plus récemment, malgré l'opposition unanime de toutes les instances Guyanaises, le gouvernement français impose son Schéma Départemental d'Orientation Minière (S.D.O.M). Une singularité coloniale, ce document minier d'aménagement du territoire s?impose à tous les autres et relègue au second plan le Schéma d'Aménagement Régional difficilement concocté par les élus du Pays représentant du peuple : une exclusivité coloniale guyanaise. Ce SDOM sanctuarise la région de Saül et confirme le statut pilote de cette collectivité dans le cadre du Parc colonial du Sud.

Entre ces deux initiatives néfastes pour la Guyane une brèche s'est entrouverte entre le décret de création du Parc en 2007 et la promulgation du Sdom en décembre 2011. Les faubourgs de Saül sont une zone juridique instable. Toutes les initiatives émanant d'orpailleurs guyanais sont systématiquement rejetées par l'autorité préfectorale sous couvert de l'avis défavorable de la municipalité de Saül.
Certains de ces professionnels avaient pris le soin de présenter au conseil municipal l'intérêt de leur projet pour la commune de Saül et ses habitants. Les arguments spécieux de l'administration coloniale rendaient vaines toutes initiatives guyanaises.

 

Un arrêté ministériel précipité avant L'alternance

Le 3 mai 2012, quelques heures avant le changement de régime, le ministre de l'industrie français Eric besson, ancien membre de la direction du parti socialiste français, membre du gouvernement sarkosiste accorde à la société REXMA un permis d?exploitation de 10,1 km² valable pour une durée de 5 ans à près de trois kilomètres du centre de Saül. Arnaud Montebourg, l'actuel ministre du redressement productif successeur d'Eric Besson se dit contraint juridiquement par cette décision cavalière.

L'intelligence impose l'interrogation. Quelles sont les motivations d'Éric Besson pour accorder un permis controversé quelques heures avant la fin d'un quinquennat sarkosiste en déliquescence ?

La commission des mines et l'administration française en Guyane ont émis des avis défavorables à plusieurs reprises. Le gouvernement français impose son obscure volonté à tous.

Les observateurs éclairés du secteur aurifère, parmi eux des géologues, estiment aux alentours de huit tonnes d'or les réserves possibles de minerai d'or sur ce Permis d'exploitation.

 

Un procès invisible

Le 26 février 2013, Jean Pierre Casas, né en Algérie en 1954, patron des sociétés REXMA et REXAA, est convoqué devant le tribunal de grande instance de Cayenne. Il est cité a comparaitre pour trois infractions dans le cadre de la loi Girardin sur la défiscalisation, pour « escroquerie », « tromperie » et « détournement de gages ».

Les réquisitions du parquet sont de 18 mois de prison assortis de sursis, une mise à l'épreuve de trois années et de  l'obligation d'indemniser les victimes.

Ce procès sous-médiatisé qui démonte les mécanismes pervers de la défiscalisation, est une plaidoirie en faveur de la gestion du sous sol Guyanais par une instance représentative du peuple guyanais. À l'instar des pays émergeants du continent Sud-américain nous devons guyaniser sans délai nos ressources naturelles.

En attendant le délibéré, nonobstant le soutien de nombreux élus Guyanais, de certains mouvements politiques, et de la monopolistique organisation professionnelle du secteur aurifère, la thèse qui consiste à défendre le pillage de nos ressources naturelles par un tiers ne peut être assimilée à du développement économique endogène.

Ou la pedi so kord panga pedi ou bef.

Armand ACHILLE

or-rexma.jpgBon, bon... OK, c'est polémique. Et OK, il met ensemble les politiques (pas très avisés) et les malfrats (très malhonnêtes car se croyant au-dessus des lois). Je n'ai rien contre la polémique (un peu) mais je suis gêné par la confusion des rôles et des genres. MAIS ENFIN... personne ne m'enlèvera de l'esprit que les maladresses politiques à répétition laissent la porte ouverte à des malfrats qui n'attendent que l'occasion de s'engouffrer dans une brèche ouverte.

N'oublions pas qu'en Guyane, pas moins qu'ailleurs, la nature a horreur du vide.

 



06/04/2013
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 201 autres membres